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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 16:58
vue à J0 du côté gauche : mésialisation de la canine mandibulaire gauche

vue à J0 du côté gauche : mésialisation de la canine mandibulaire gauche

Un jeune chien Chihuahua de 14mois est amené en consultation spécialisée pour une malposition dentaire globale : il présente une rétrognathie maxillaire relative entrainant un articulé inversé au niveau des arcades incisives ainsi que la mésialisation de la canine mandibulaire gauche CmandG (dent 304) se positionnant entre les incisives maxillaires gauche ImaxG 202 et 203. La malposition de la canine mandibulaire gauche entraine un défaut d'occlusion (chien en sous occlusion permanente) ainsi que la poussée distale de l'incisive maxillaire gauche ImaxG 203. La canine mandibulaire droite vient au contact de la face distale de l'incisive maxillaire I3maxD (dent 103).

Décision est prise de réaliser la correction des deux problèmes simultanément :

- pose d'un stellite palatin avec un vérin permettant la poussée (sur une distance de 3-4mm) des incisives maxillaires suivantes : dents 101-102-103 et dents 201-202. Le stellite prend appui sur les deux canines maxillaires (dent 104 et 204). Le collage est réalisé avec un verre ionomère photopolymérisable (GC Ortho Fuji).

L'incisives maxillaire gauche ImaxG 203 n'est pas prise dans le stellite du fait de sa position distale (poussée par la canine mandibulaire gauche malpositionnée).

- pose de deux chainettes de traction pour distaler les deux canines mandibulaires. Elles sont en appui sur des cales en résine collées sur les PM3-PM4 et M1 mandibulaires droites et gauches. Les cales sont collées avec un verre ionomère photopolymérisable (GC Ortho Fuji) et supporte chacune un bracket rond. Les chainettes viennent s'ancrer sur les brackets et sur chaque canines, bloquée par un anneau en composite fluide (Biosplint flow des laboratoires Pierre Rolland).

mise en place des chainettes avant la pose du stellite

mise en place des chainettes avant la pose du stellite

Le vérin est actionné une fois par jour pendant les 4 premières semaines jusqu'au contrôle. Les chainettes élastiques seront changées lors de ce contrôle.

Le contrôle prévu au bout des 4 semaines permet d'objectiver le début de la mobilisation distale des deux canines mandibulaires ainsi que la présence de l'arcade incisive maxillaire à hauteur de l'arcade incisive mandibulaire (fermeture en pince). Le vérin n'est actionné maintenant que tous les 2 jours et les chainettes sont renouvelées lors du contrôle.

La traction distale des deux canines mandibulaires (dent 304 et 404) permet dans un second temps la traction distale globale de l'extrémité de la mandibule et donc par conséquent de l'arcade incisive. Ainsi, la correction de l'articulé inversé n'en est que plus rapide.

Un contrôle au bout de 7 semaines permet de valider la correction des deux problèmes dentaires.

- la canine mandibulaire gauche (dent 304) est positionnée distalement à l'I3maxG (dent 203).

- l'articulé incisif est normal en ciseau

Le chien doit être au repos de tous jeux de mordant pendant 15 jours minimum.

vue correction à droite

vue correction à droite

vue correction à gauche

vue correction à gauche

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 14:54
vue pré opératoire de l'avulsion des dents 401 à 404

vue pré opératoire de l'avulsion des dents 401 à 404

Un chiot berger australien de 8 mois est amené en consultation de dentisterie suite à un traumatisme facial il y a 3 jours. Le chien s'est encastré dans une balustrade de balcon et depuis présente une malposition dentaire associée, le jour du traumatisme, à un saignement intense.

L'auscultation de la cavité buccale met en évidence une avulsion totale (sortie de l'alvéole dentaire) de la canine mandibulaire droite (dent 404) ainsi qu'une fracture de l'extrémité de l'arcade mandibulaire droite portant les 3 incisives mandibulaires (dent 401-402-403).

La possibilité de conserver une dent lors d'avulsion est conditionnée par deux éléments : la rapidité de mise en place du traitement dentaire et la préservation du pédicules vaculo-nerveux au niveau de l'apex racinaire. Dans notre cas, l'avulsion remontait déjà à 72h et les pédicules vasculo-nerveux de la canines et des incisives étaient arrachés. La radiographie locale confirme l'avulsion complète de la dent 404 de son alvéole osseuse.

vue pré opératoire de l'avulsion de la dent 404 : apex racinaire visible

vue pré opératoire de l'avulsion de la dent 404 : apex racinaire visible

Décision est prise de réaliser l'exérèse de la canine 404 et des 3 incisives mandibulaires droites (dent 401-402-403). Après incision des lambeaux muqueux maintenant encore en place les dents traumatisées, celles-ci sont extraites. L'os alvéolaire est traité : les fragments osseux des alvéoles dentaires traumatisées sont extraits et une alvéolotomie partielle est pratiquée au niveau de l'alvéole de la dent 404.

vue per opératoire du site après extraction des dents et des fragments osseux

vue per opératoire du site après extraction des dents et des fragments osseux

Après nettoyage de la zone traumatique, un lambeau muqueux est libéré à partir de la muqueuse mentonnière afin de recouvrir la zone traumatique. Les points sont réalisés avec un fil de suture monofilament résorbable (Monosof 3-0).

Un repos stricte de 15 jours avec absence de jeux de tirage et de mordant ainsi qu'une alimentation humide pendant 15 jours sont conseillés.

vue post opératoire

vue post opératoire

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 14:13
vue per opératoire cavité carieuse après levée du lambeau d'accès

vue per opératoire cavité carieuse après levée du lambeau d'accès

Un chien croisé Cavalier King Charles de 10 ans est amené en consultation pour une carie dentaire identifiée au niveau du collet de la canine maxillaire droite (dent 104) face jugo-distale. Le chien ne présente aucune gène lors de la mastication ou lors du jeu. Le sondage avec une sonde de Rhein confirme la présence d'un fond mou typique d'une cavité issue d'un processus infectieux carieux.

Décision est prise de conserver la dent. Une radiographie de la dent permet de définir la profondeur de la lésion. Celle-ci traverse 3/4 de l'épaisseur de la dentine mais n'atteint pas la cavité pulpaire. Le traitement va donc consister en un curetage de la cavité carieuse et son comblement pour reconstituer l'intégrité de la dent 104.

radiographie pré-opératoire de la dent 104

radiographie pré-opératoire de la dent 104

vue per opératoire après curetage de la cavité carieuse

vue per opératoire après curetage de la cavité carieuse

Un lambeau d'accès est réalisé au niveau de la dent 104 afin de libérer la cavité carieuse au maximum et d'objectiver son étendue.

Après nettoyage de la cavité, un curetage est assurée avec une fraise boule carbure de tungstène stérile. Un fond dur utilisant un CVI (ciment verre ionomère = GC Ortho Fuji LC) est appliqué en première couche au fond de la cavité. Ensuite, selon la technique dite "du millefeuille", la cavité est comblée couche après couche avec une résine composite photopolymérisable (Biosplint Flow des laboratoires Pierre Roland), les couches faisant 0.2mm maximum. La première couche de résine est précédée de l'application d'un adhésif amélo-dentinaire compatible (Biosplint Bond des laboratoires Pierre Rolland) pour améliorer l'adhésion de la résine dans la cavité.

Le principe du comblement d'une cavité par de multiple couche superposée permet de palier à la rétraction de la résine lors de sa polymérisation. En effet, plus le volume de résine sera important, plus la rétraction sera grande pouvant engendrer une désunion de la résine avec les parois de la cavité.

vue per opératoire après réalisation du comblement et du polissage

vue per opératoire après réalisation du comblement et du polissage

radiographie per opératoire après réalisation du comblement

radiographie per opératoire après réalisation du comblement

Après réalisation du comblement, la résine est polie.

La radiographie de contrôle permet de valider le comblement et de s'assurer que celui-ci est bien complet. Ici le comblement est complet .

En post-opératoire, l'animal devra manger de la nourriture humide une dizaine de jour et éviter les jeux de tirage et de mordant pendant 15 jours.

vue post opératoire immédiate après fixation du lambeau d'accès

vue post opératoire immédiate après fixation du lambeau d'accès

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 16:07
image pré-opératoire

image pré-opératoire

Une chienne lévrier de 8 ans est amenée en consultation pour douleur dentaire. La chienne présente une dysorexie légère depuis quelques semaines notamment envers la nourriture sèche.

A l'examen buccale, est mis en évidence un point d'inflammation à hauteur de la furcation principale de la dent 208 (carnassière maxillaire gauche) face jugale de la couronne. La sonde parodontale pénètre dans l'os alvéolaire sur une distance de 4mm. Le diagnostic d'une furcation de type 1 au niveau de la dent 208 est établi. Une furcation de type 3 est mise en évidence au niveau de la dent 206 (prémolaire 2 maxillaire gauche). Un entartrement de grade 2 est présent au niveau des couronnes des deux canines maxillaires (dent 104 et 204) sans atteinte majeure des structures parodontales.

Le traitement est le suivant :

- gestion conservatoire au niveau de la dent 208 avec traitement de la furcation

- extraction de la dent 206

- détartrage et polissage des autres dents

site de la furcation après alvéolotomie partielle

site de la furcation après alvéolotomie partielle

La furcation de type 1 de la dent 208 est traitée. La gencive ainsi que la muqueuse jugale à hauteur de la dent 208 sont incisées et décollées à l'aide d'un élévateur périosté. Le site de la furcation étant mise à nue, à l'aide d'une fraise boule en carbure de tungstène, le nettoyage de la furcation est réalisé : l'os alvéolaire atteint est retiré. Après hémostase du site, une poudre à base d'hydroxyde de calcium est placée en comblement de la furcation : le but de l'hydroxyde de calcium poudre est de favoriser la genèse d'os alvéolaire au niveau de la furcation. La gencive et la muqueuse sont ensuite suturées avec un monofilament résorbable décimal 3 (Monosof dec 3).

Le choix de ce traitement conservatoire est justifié par l'importance de la carnassière pour le chien : cette dent est responsable de la découpe des aliments et de leur broyage. Ainsi, pour optimiser le confort de la chienne, décision a été prise de restaurer le tissu osseux parodontal de la carnassière.

Comblement de la furcation avec l'hydroxyde de calcium poudre

Comblement de la furcation avec l'hydroxyde de calcium poudre

vue post opératoire

vue post opératoire

La dent 206 a été retirée : un lambeau d'accès est levé afin de réaliser 2 alvéolotomies au niveau de chaque racine. Après nettoyage des alvéoles, le lambeau est suturée avec un fil monofilament résorbable décimal 3 (Monosof déc 3).

Un détartrage supra-gingival et sous-gingival suivi d'un polissage est réalisé.

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 17:54
tuméfaction infra orbitaire oeil droit

tuméfaction infra orbitaire oeil droit

vue de la couronne dent 18 avec fracture à l'extrémité

vue de la couronne dent 18 avec fracture à l'extrémité

Un chien croisé fox de 2.5 ans est amené en consultation pour une masse infraorbitaire de la taille d'une cerise sous l'œil droit rétrocédant partiellement à l'association anti-inflammatoire (meloxicam 0.1mg/kg/j) et antibiotique. La masse fut ponctionnée : les résultats de la cytoponction révèlent un infiltrat lymphoprolifératif et granulocytaire compatible avec un processus inflammatoire chronique.

A l'examen de la cavité buccale, aucune inflammation n'est notée au niveau des gencives et des muqueuses de l'arcade dentaire maxillaire droite. Le sondage parodontale des dents PM3, PM4 et M1 (respectivement dents 107-108-109) est normal. Seule est notée une fracture coronaire à l'extrémité de la cuspide proximale de la couronne de la PM4 (dent 108). Il n'y a pas de possibilité de rentrer une sonde dans la chambre pulpaire à hauteur de la fracture. Cependant, le chien étant jeune et la fracture étant ancienne, la suspicion d'une contamination bactérienne ayant entrainé une lésion endoparodontale de type 1 est posée.

radiographie pré opératoire = abcès apical racine distale

radiographie pré opératoire = abcès apical racine distale

Une radiographie sous anesthésie de la PM4 maxillaire droite (dent 108) est réalisée. Elle révèle la présence d'une lésion ostéolytique importante au niveau de l'apex de la racine distale de la dent 108. Nous avons donc la confirmation d'une lésion endoparodontale de type 1 au niveau de cette dent. Il est noté un début de lésion radiotransparente autour de la racine proximale latérale qui peut être le début de la formation d'un kyste ou d'un abcès apical.

Le traitement est une pulpectomie de cette dent. 3 abords sont réalisés afin d'atteindre les cavités pulpaires de chaque racine : 1 au niveau de la portion distale de la couronne et 2 au niveau de la portion proximale de la couronne. La pulpe retirée est nécrotique et nauséabonde. Après raclage et nettoyage de chaque cavité, un comblement avec de la gutta percha enrobée d'une patte antiseptique à base d'eugénol et de zinc est réalisé. Après foulage et densification de la gutta percha, les cavité sont refermées à l'aide d'un amalgame mercure-argent.

traitement canalaire de la dent 108

traitement canalaire de la dent 108

radiographie post opératoire (artéfacts liés à des débris d'amalgame)

radiographie post opératoire (artéfacts liés à des débris d'amalgame)

Le choix de l'amalgame plutôt que du composite pour la fermeture des cavités est justifié par l'âge de chien et sa race : un jeune chien fox aura une énergie dans le jeu nécessitant des résistances de matériaux maximales. Hors, l'amalgame possède une résistance à l'abrasion plus importante que les composites.

La partie de chambre pulpaire faisant le lien entre les différentes cavités a été nettoyé. Son comblement, nécessitant une ouverture de la couronne plus importante, n'a pas été réalisé mais cela ne portera pas préjudice à l'intégrité de la dent.

image post opératoire

image post opératoire

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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 14:43
vue pré-opératoire

vue pré-opératoire

Une chienne pointer de 12 ans est amenée en consultation pour une masse gingivale proliférative à hauteur de la canine maxillaire gauche (dent 204). Cette masse d'aspect prolifératif est légèrement érythèmateuse. Elle recouvre la couronne sur 4/5 de sa hauteur. La chienne n'est pas gênée pour manger, jouer. Seule une élévation de la babine supérieure gauche est notée lorsque l'on regarde la chienne de face.

A la manipulation, la masse n'est pas douloureuse. Elle est indurée et non mobilisable.

Il n'y a pas d'hypertrophie des nœuds lymphatiques drainants (nœuds lymphatiques rétro-mandibulaires)

Une hypothèse de masse gingivale type améloblastome acanthomateux est posée du fait de l'aspect infiltrant local de la masse ainsi que de sa structure très indurée. Les autres hypothèses sont un épulis gingivales simples, un fibrosarcome.

L'exérèse chirurgicale est réalisée à l'aide d'un bistouri électrique type servotome. L'os alvéolaire ayant un aspect anormal sur 1 cm, sa résection est réalisée à l'aide d'une fraise boule diamantée stérile. Après maîtrise des saignements, un lambeau muqueux de glissement est réalisé afin de recouvrir le site d'exérèse et d'éviter la mise à nu du cément radiculaire, élément d'accroche favorable à la plaque dentaire. Les points sont réalisées avec un monofilament résorbable décimale 3 (Monosof dec-3).

Conseils sont donnés pour une alimentation molle 15 jours minimum et une restriction pour les jeux de mordant. Une désinfection locale avec du VetAquadent est prescrite matin et soir pendant 15 jours.

vue post opératoire

vue post opératoire

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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 08:56

Un chien malinois de 2 ans est amené en consultation suite à une fracture compliquée coronaire de la canine mandibulaire gauche (dent 304). Lors de la consultation, une fracture simple coronaire amélo-dentinaire est détectée sur la canine mandibulaire droite (dent 404).

Ce chien étant un chien réalisant du mordant dans une activité de ring, son propriétaire désire la mise en place de 4 couronnes sur les 4 canines.

La couverture de la canine 304 fracturée est justifiée car le moignon dentaire résiduel est fracturé obliquement et n'apporte plus au chien un appui intéressant pour le mordant. Pour les autres canines, la couverture par une couronne métallique n'est pas une nécessité absolue car les dents sont saines. En effet, la pose d'une couronne nécessite préalablement la taille du moignon dentaire et donc la fragilisation de la dent.

Après validation des risques par le propriétaire, la décision de poser 4 couronnes est maintenue.

vue de face des 4 couronnes scellées

vue de face des 4 couronnes scellées

La dent 304 bénéficie d'une pulpectomie. Un amalgame métallique permet de finir le traitement e la cavité pulpaire.

Lors de la taille des 4 canines maxillaires, une effraction de la chambre pulpaire de la canine mandibulaire droite (dent 404) est accidentellement réalisée. En effet, cette dent présentant déjà une fracture amélo-dentinaire simple, l'épaisseur dentaire retirée lors de la taille à conduit à l'effraction de la chambre camérale. Une pulpotomie immédiate a été entreprise sur cette dent.

Le propriétaire désirant conserver une longueur de canine inchangée, les couronnes maxillaires seront implantées en supra-gingivales. Les couronnes mandibulaires seront elle juxta-gingivale du fait des tailles des canines lors des traitements de pulpotomie et de pulpectomie qui ont réduit leur hauteur.

Le collage est réalisé à l'aide d'un ciment verre ionomère autopolymérisable GC Fuji PLUS.

vue de profil droit des couronnes scellées

vue de profil droit des couronnes scellées

Le repos stricte au mordant est préconisé pendant 15 jours et une reprise progressive du mordant par la suite.

Lors de la pose de couronne sur un moignon dentaire, la taille de la dent engendre inévitablement une fragilisation de celle-ci. Ainsi, outre les cas de déscellement des couronnes, les cas de fracture dentaire à la limite de l'insertion de la couronne sont possibles en cas de choc perpendiculaire à l'axe de la dent.

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 13:50
Kystes odontogéniques chez une boxer

Une chienne boxer de 8 ans est amenée en consultation de cas référé pour des tuméfactions chroniques au niveau du menton rétrocédant à un traitement antibiotique et anti-inflammatoire conventionnel. Le jour de la consultation, la chienne présente une tuméfaction dure et non douloureuse au niveau du menton à droite sous la canine mandibulaire droite (dent 404). La chienne est en bon état général, mange normalement sans gène aucune, joue normalement sans gène aucune.

Examen buccal

L'ensemble de la denture présente une abrasion généralisée, signe de jeux avec des cailloux, des bâtons ou autres matériaux abrasifs (balles de tennis...). Les canines mandibulaires (dent 304 et 404) présentent au centre de la surface coronaire abrasée un point brunâtre : le test d'entrée avec une sonde parodontale étant négatif, cela confirme la présence de dentine tertiaire cicatricielle physiologique. L'hypothèse d'une infection dentaire associée à une nécrose de la pulpe camérale et la formation d'abcès apicale est alors remise en question.

Au niveau de la denture, une autre anomalie est notée : l'absence des deux PM1 mandibulaire (dent 305 et 405). Cette affection est fréquente chez le chien mais peut résulter d'une agénésie réelle ou d'une inclusion de la dent dans la mâchoire ou dans un kyste odontogène.

Examen radiographique dentaire

Une radiographie de chaque canine mandibulaire à hauteur de leur apex racinaire est réalisée. Sous les PM1 et PM2 mandibulaire de chaque côté, distalement aux apex racinaires des canines sont mis en évidence deux structures cavitaires radiotransparentes. Les PM1 sont présentes mais incluse dans ces structures, leurs racines étant atrophiées. Les racines des PM2 mandibulaires sont partiellement lysées. L'hypothèse de kystes odontogèniques est posée. Le traitement consiste en un drainage des ces kystes ainsi qu'un nettoyage de ceux-ci en n'oubliant pas de retirer la membrane interne du kyste pour éviter sa récidive.

Kystes odontogéniques chez une boxer

Chirurgie

Un abord gingival est réalisé avec ouverture dorsale du kyste de la face coronaire distale de la canine à la face coronaire distale de la PM2 en passant le long de la face vestibulaire de celle-ci. Lors de l'ouverture, le liquide contenu dans le kyste se vidange. Les PM1 et PM2 sont extraites. Les membranes internes des kystes sont retirées. Un nettoyage abondant au sérum physiologique est réalisé. Une suture à points séparés de la gencive est réalisée. Une radiographie post opératoire de chaque kyste est réalisée montrant une extraction in toto des deux PM.

Kystes odontogéniques chez une boxer

Post opératoire

La chienne est rendue sous anti-inflammatoire et sous antibiotique pendant 10 jours. Un repos stricte avec arrêt des jeux de mordant est indiqué pendant minimum 1 mois le temps d'attendre le comblement partiel des cavités kystiques et donc une amélioration de la résistance des arcades mandibulaires osseuses.

Un contrôle radiographique des sites chirurgicaux est prévu dans 6 mois afin de contrôler la cicatrisation osseuse.

Le contrôle radiographique est réalisé sous sédation. Au niveau des sites des kystes, il n'y a aucune anomalie. La chienne ne présente plus de fistule chronique au niveau du menton.

La radiographie du côté gauche montre une cicatrisation totale du kyste. La radiographie du côté droit montre une cicatrisation partielle. Un nouveau contrôle dans 6mois sera réalisé.

contrôle à 6 mois côté gauche

contrôle à 6 mois côté gauche

contrôle à 6 mois côté droit : cicatrisation incomplète

contrôle à 6 mois côté droit : cicatrisation incomplète

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 19:08
gingivite et palatoglossite avec ulcération linguale

gingivite et palatoglossite avec ulcération linguale

Le calicivirus félin est une entité pathologique de plus en plus rencontrée dans les consultations de dentisterie. Ce virus entraine différent type de lésions au sein de la cavité buccale :

- une gingivite marginale plus ou moins marquée, plus ou moins proliférative pouvant être ulcérative

- une palatoglossite pouvant être proliférative et ulcérative : ces lésions sont très fréquemment présentes lors de calicivirus félin

- des ulcères linguaux, palatins ou muqueux

Ces lésions sont très invalidantes chez le chat entrainant une dysorexie voir une anorexie, de l'hypersalivation, des saignements buccaux, de la douleur lors de la mastication et à l'ouverture de la gueule.

Il faut réaliser un diagnostic différentiel avec les lésions urémiques rencontrées lors d'insuffisance rénale chronique principalement ou les lésions engendrées par la présence du virus FIV. Plus rarement, des lésions liées à l'ingestion de caustique ou des néoplasies des muqueuses (carcinome) peuvent singer les lésions typiques du calicivirus félin.

Le calicivirus provoque au niveau des muqueuses un effondrement de l'immunité locale avec son détournement vers la médiation cellulaire. Ce type de réponse immunitaire entraine un afflux de cellules cytotoxiques et d'immunoglobulines de type IgM et IgG. L'association des cellules cytotoxiques et de ces immunoglobulines provoque une dénaturation de la muqueuse gingivale. Celle-ci est alors très sensible à l'agression continue des germes de la plaque dentaire, aggravant d'autant plus le statut lésionnel du chat.

gingivite marginale ulcéreuse sévère

gingivite marginale ulcéreuse sévère

Le traitement initial est un traitement chirurgical. En présence de lésions gingivales sévères, prolifératives associées à une palatoglossite sévère, l'extraction de l'ensemble des prémolaires et molaires maxillaires et mandibulaires est recommandée.

Si les lésions de gingivite sont focalisées au niveau de certaines dents, l'extraction peut être sélective. Elle ne sera réalisée que sur les dents présentant de la parodontite ou des lésions spécifiques comme des lésions résorptives du collet dentaire ou "Neck Lesion".

Suite à l'extraction dentaire, le chat sera placé sous antibiotique et anti-inflammatoire pendant une période de convalescence de quelques jours. Le chat bénéficiera d'une alimentation plutôt molle. L'extraction dentaire est très bien tolérée et n'handicape pas l'animal pour son alimentation.

Un contrôle postopératoire à 1 mois et 2 mois devra être réalisé afin de vérifier la bonne cicatrisation des muqueuses et la disparition des lésions inflammatoires.

3 cas de figure sont possibles :

- suite aux extractions, le chat est parfaitement stable et ne nécessite aucun autre traitement (60% des cas)

- suite aux extractions, le chat est globalement stable mais nécessite des soins médicaux ponctuellement pour calmer des épisodes de gingivite (20% des cas)

- suite aux extractions, le chat n'est pas stable et nécessite des soins médicaux (20% des cas)

lésions résorptives du collet dentaire ou Neck Lesion

lésions résorptives du collet dentaire ou Neck Lesion

Image de contrôle à 2 mois après extraction = sites dd'extraction cicatrisés et non inflammatoires

Image de contrôle à 2 mois après extraction = sites dd'extraction cicatrisés et non inflammatoires

Lorsque que le chat présente des crises inflammatoires ponctuelles, il faut vérifier l'absence de spicule osseuse (pointe osseuse de l'os alvéolaire) ou de débris racinaire pouvant être la cause des points d'inflammation. Le cas échéant une nouvelle intervention doit être prévue. Sinon, la gestion de l'inflammation peut se réaliser avec une association antibiotique (TMP sulfa, doxycycline, céphalosporine) et anti-inflammatoire (non stéroïdien : meloxicam ou stéroïdien).

En cas d'inflammation chronique permanente, la mise en place d'un traitement en continue devient nécessaire. Différents protocoles sont possibles :

- protocole Interféron recombinant félin (Virbagen) à 100 000 UI/j en application direct sur les lésions buccales : protocole ayant réuni le plus d'article et de résultats positifs en sa faveur

- protocole ARA 3000 Alpha : injection de 2ml en SC à J0-J3-J6-J9-J12 et J30

- association antibiothérapie et corticothérapie : c'est un protocole qui doit être mis en place en dernière intension après échec des protocoles précédents. En effet, l'utilisation au long court de corticoïdes peut avoir des effets indésirables pour le chat.

- de manière plus anecdotique, l'utilisation de lactoferrine bovine ou de substitut de matrice extracellulaire de synthèse (Dermapliq) in situ ont montré des effets intéressants pour la maitrise de l'inflammation et de la douleur chez le chat mais aucune étude n'a été réalisée jusqu'alors avec ces deux produits.

image chat atteint de calicivirus à J0 du protocole Interféron

image chat atteint de calicivirus à J0 du protocole Interféron

image du même chat à J60 du protocole Interféron : traitement efficace

image du même chat à J60 du protocole Interféron : traitement efficace

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 19:06

Un Berger Shetland de 7mois est amené en consultation d'orthodontie pour persistance des canines lactéales maxillaires (dent 504 et 604) ainsi que le début d'une double mésialisation des canines maxillaires définitives (dent 104 et 204). Décision est prise de réaliser l'extraction des canines lactéales ainsi que la mise en place de chainette de traction pour tirer distalement les canines définitives et les repositionner physiologiquement. La pose des chainettes est réalisée concomitamment à l'extraction des canines de lait maxillaires car celles-ci ne sont pas accolées au canines définitives mais séparées de celles-ci par une épaisseur d'os alvéolaire de quelques millimètres. On ne risque donc pas d'avoir une traction distale trop rapide des canines définitives.

Image de la malocclusion initiale (identique en contro-latéral)

Image de la malocclusion initiale (identique en contro-latéral)

Les canines définitives mésialisées ayant eu une égression restreinte, une gingivectomie périphérique aux couronnes est réalisée afin de pouvoir disposer les chainettes ainsi que les anneaux de blocage en CVI (ciment verre ionomère type GC Ortho Fuji LC).

Préparation de la canine définitive

Préparation de la canine définitive

Une cale en résine est moulée puis collée de chaque côté de la PM3 maxillaire à la M1 maxillaire. Un bouton orthodontique est ensuite collé à hauteur de la PM4 maxillaire afin de permettre l'ancrage de la chainette.

Un anneau en CVI (GC Ortho Fuji LC) est placé sur la portion distale de la couronne de chaque canine permettant d'éviter le glissement de la chainette.

La chainette en place correspond à 75% de la distance entre les deux points d'ancrage.

Matériel de traction

Matériel de traction

Un contrôle est prévu au bout de 4 semaines.

Au contrôle, l'évolution de la correction est correcte voir un peu plus rapide que prévu (probablement du fait de l'extraction des canines de lait et de l'espace libre laissé vacant). Les canines maxillaires sont au contact des faces distales des canines mandibulaires. La traction doit être pousuivie encore quelques semaines. Une nouvelle chainette de traction est placée avec une tension adaptée à la correction déjà obtenue.

contrôle à 4 semaines

contrôle à 4 semaines

Au second contrôle à 8 semaines, les canines sont suffisamment distalées. Les matériels de contention sont retirés. Il y a une marge suffisante pour autoriser les canines maxillaires à avancer très légèrement (mouvement rétrograde souvent observé après retrait d'une appareil d'orthodontie) sans revenir à une situation de malocclusion.

Contrôle à 8 smeaines : fin de correction

Contrôle à 8 smeaines : fin de correction

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