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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 16:07
image pré-opératoire

image pré-opératoire

Une chienne lévrier de 8 ans est amenée en consultation pour douleur dentaire. La chienne présente une dysorexie légère depuis quelques semaines notamment envers la nourriture sèche.

A l'examen buccale, est mis en évidence un point d'inflammation à hauteur de la furcation principale de la dent 208 (carnassière maxillaire gauche) face jugale de la couronne. La sonde parodontale pénètre dans l'os alvéolaire sur une distance de 4mm. Le diagnostic d'une furcation de type 1 au niveau de la dent 208 est établi. Une furcation de type 3 est mise en évidence au niveau de la dent 206 (prémolaire 2 maxillaire gauche). Un entartrement de grade 2 est présent au niveau des couronnes des deux canines maxillaires (dent 104 et 204) sans atteinte majeure des structures parodontales.

Le traitement est le suivant :

- gestion conservatoire au niveau de la dent 208 avec traitement de la furcation

- extraction de la dent 206

- détartrage et polissage des autres dents

site de la furcation après alvéolotomie partielle

site de la furcation après alvéolotomie partielle

La furcation de type 1 de la dent 208 est traitée. La gencive ainsi que la muqueuse jugale à hauteur de la dent 208 sont incisées et décollées à l'aide d'un élévateur périosté. Le site de la furcation étant mise à nue, à l'aide d'une fraise boule en carbure de tungstène, le nettoyage de la furcation est réalisé : l'os alvéolaire atteint est retiré. Après hémostase du site, une poudre à base d'hydroxyde de calcium est placée en comblement de la furcation : le but de l'hydroxyde de calcium poudre est de favoriser la genèse d'os alvéolaire au niveau de la furcation. La gencive et la muqueuse sont ensuite suturées avec un monofilament résorbable décimal 3 (Monosof dec 3).

Le choix de ce traitement conservatoire est justifié par l'importance de la carnassière pour le chien : cette dent est responsable de la découpe des aliments et de leur broyage. Ainsi, pour optimiser le confort de la chienne, décision a été prise de restaurer le tissu osseux parodontal de la carnassière.

Comblement de la furcation avec l'hydroxyde de calcium poudre

Comblement de la furcation avec l'hydroxyde de calcium poudre

vue post opératoire

vue post opératoire

La dent 206 a été retirée : un lambeau d'accès est levé afin de réaliser 2 alvéolotomies au niveau de chaque racine. Après nettoyage des alvéoles, le lambeau est suturée avec un fil monofilament résorbable décimal 3 (Monosof déc 3).

Un détartrage supra-gingival et sous-gingival suivi d'un polissage est réalisé.

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 17:54
tuméfaction infra orbitaire oeil droit

tuméfaction infra orbitaire oeil droit

vue de la couronne dent 18 avec fracture à l'extrémité

vue de la couronne dent 18 avec fracture à l'extrémité

Un chien croisé fox de 2.5 ans est amené en consultation pour une masse infraorbitaire de la taille d'une cerise sous l'œil droit rétrocédant partiellement à l'association anti-inflammatoire (meloxicam 0.1mg/kg/j) et antibiotique. La masse fut ponctionnée : les résultats de la cytoponction révèlent un infiltrat lymphoprolifératif et granulocytaire compatible avec un processus inflammatoire chronique.

A l'examen de la cavité buccale, aucune inflammation n'est notée au niveau des gencives et des muqueuses de l'arcade dentaire maxillaire droite. Le sondage parodontale des dents PM3, PM4 et M1 (respectivement dents 107-108-109) est normal. Seule est notée une fracture coronaire à l'extrémité de la cuspide proximale de la couronne de la PM4 (dent 108). Il n'y a pas de possibilité de rentrer une sonde dans la chambre pulpaire à hauteur de la fracture. Cependant, le chien étant jeune et la fracture étant ancienne, la suspicion d'une contamination bactérienne ayant entrainé une lésion endoparodontale de type 1 est posée.

radiographie pré opératoire = abcès apical racine distale

radiographie pré opératoire = abcès apical racine distale

Une radiographie sous anesthésie de la PM4 maxillaire droite (dent 108) est réalisée. Elle révèle la présence d'une lésion ostéolytique importante au niveau de l'apex de la racine distale de la dent 108. Nous avons donc la confirmation d'une lésion endoparodontale de type 1 au niveau de cette dent. Il est noté un début de lésion radiotransparente autour de la racine proximale latérale qui peut être le début de la formation d'un kyste ou d'un abcès apical.

Le traitement est une pulpectomie de cette dent. 3 abords sont réalisés afin d'atteindre les cavités pulpaires de chaque racine : 1 au niveau de la portion distale de la couronne et 2 au niveau de la portion proximale de la couronne. La pulpe retirée est nécrotique et nauséabonde. Après raclage et nettoyage de chaque cavité, un comblement avec de la gutta percha enrobée d'une patte antiseptique à base d'eugénol et de zinc est réalisé. Après foulage et densification de la gutta percha, les cavité sont refermées à l'aide d'un amalgame mercure-argent.

traitement canalaire de la dent 108

traitement canalaire de la dent 108

radiographie post opératoire (artéfacts liés à des débris d'amalgame)

radiographie post opératoire (artéfacts liés à des débris d'amalgame)

Le choix de l'amalgame plutôt que du composite pour la fermeture des cavités est justifié par l'âge de chien et sa race : un jeune chien fox aura une énergie dans le jeu nécessitant des résistances de matériaux maximales. Hors, l'amalgame possède une résistance à l'abrasion plus importante que les composites.

La partie de chambre pulpaire faisant le lien entre les différentes cavités a été nettoyé. Son comblement, nécessitant une ouverture de la couronne plus importante, n'a pas été réalisé mais cela ne portera pas préjudice à l'intégrité de la dent.

image post opératoire

image post opératoire

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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 14:43
vue pré-opératoire

vue pré-opératoire

Une chienne pointer de 12 ans est amenée en consultation pour une masse gingivale proliférative à hauteur de la canine maxillaire gauche (dent 204). Cette masse d'aspect prolifératif est légèrement érythèmateuse. Elle recouvre la couronne sur 4/5 de sa hauteur. La chienne n'est pas gênée pour manger, jouer. Seule une élévation de la babine supérieure gauche est notée lorsque l'on regarde la chienne de face.

A la manipulation, la masse n'est pas douloureuse. Elle est indurée et non mobilisable.

Il n'y a pas d'hypertrophie des nœuds lymphatiques drainants (nœuds lymphatiques rétro-mandibulaires)

Une hypothèse de masse gingivale type améloblastome acanthomateux est posée du fait de l'aspect infiltrant local de la masse ainsi que de sa structure très indurée. Les autres hypothèses sont un épulis gingivales simples, un fibrosarcome.

L'exérèse chirurgicale est réalisée à l'aide d'un bistouri électrique type servotome. L'os alvéolaire ayant un aspect anormal sur 1 cm, sa résection est réalisée à l'aide d'une fraise boule diamantée stérile. Après maîtrise des saignements, un lambeau muqueux de glissement est réalisé afin de recouvrir le site d'exérèse et d'éviter la mise à nu du cément radiculaire, élément d'accroche favorable à la plaque dentaire. Les points sont réalisées avec un monofilament résorbable décimale 3 (Monosof dec-3).

Conseils sont donnés pour une alimentation molle 15 jours minimum et une restriction pour les jeux de mordant. Une désinfection locale avec du VetAquadent est prescrite matin et soir pendant 15 jours.

vue post opératoire

vue post opératoire

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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 08:56

Un chien malinois de 2 ans est amené en consultation suite à une fracture compliquée coronaire de la canine mandibulaire gauche (dent 304). Lors de la consultation, une fracture simple coronaire amélo-dentinaire est détectée sur la canine mandibulaire droite (dent 404).

Ce chien étant un chien réalisant du mordant dans une activité de ring, son propriétaire désire la mise en place de 4 couronnes sur les 4 canines.

La couverture de la canine 304 fracturée est justifiée car le moignon dentaire résiduel est fracturé obliquement et n'apporte plus au chien un appui intéressant pour le mordant. Pour les autres canines, la couverture par une couronne métallique n'est pas une nécessité absolue car les dents sont saines. En effet, la pose d'une couronne nécessite préalablement la taille du moignon dentaire et donc la fragilisation de la dent.

Après validation des risques par le propriétaire, la décision de poser 4 couronnes est maintenue.

vue de face des 4 couronnes scellées

vue de face des 4 couronnes scellées

La dent 304 bénéficie d'une pulpectomie. Un amalgame métallique permet de finir le traitement e la cavité pulpaire.

Lors de la taille des 4 canines maxillaires, une effraction de la chambre pulpaire de la canine mandibulaire droite (dent 404) est accidentellement réalisée. En effet, cette dent présentant déjà une fracture amélo-dentinaire simple, l'épaisseur dentaire retirée lors de la taille à conduit à l'effraction de la chambre camérale. Une pulpotomie immédiate a été entreprise sur cette dent.

Le propriétaire désirant conserver une longueur de canine inchangée, les couronnes maxillaires seront implantées en supra-gingivales. Les couronnes mandibulaires seront elle juxta-gingivale du fait des tailles des canines lors des traitements de pulpotomie et de pulpectomie qui ont réduit leur hauteur.

Le collage est réalisé à l'aide d'un ciment verre ionomère autopolymérisable GC Fuji PLUS.

vue de profil droit des couronnes scellées

vue de profil droit des couronnes scellées

Le repos stricte au mordant est préconisé pendant 15 jours et une reprise progressive du mordant par la suite.

Lors de la pose de couronne sur un moignon dentaire, la taille de la dent engendre inévitablement une fragilisation de celle-ci. Ainsi, outre les cas de déscellement des couronnes, les cas de fracture dentaire à la limite de l'insertion de la couronne sont possibles en cas de choc perpendiculaire à l'axe de la dent.

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 13:50
Kystes odontogéniques chez une boxer

Une chienne boxer de 8 ans est amenée en consultation de cas référé pour des tuméfactions chroniques au niveau du menton rétrocédant à un traitement antibiotique et anti-inflammatoire conventionnel. Le jour de la consultation, la chienne présente une tuméfaction dure et non douloureuse au niveau du menton à droite sous la canine mandibulaire droite (dent 404). La chienne est en bon état général, mange normalement sans gène aucune, joue normalement sans gène aucune.

Examen buccal

L'ensemble de la denture présente une abrasion généralisée, signe de jeux avec des cailloux, des bâtons ou autres matériaux abrasifs (balles de tennis...). Les canines mandibulaires (dent 304 et 404) présentent au centre de la surface coronaire abrasée un point brunâtre : le test d'entrée avec une sonde parodontale étant négatif, cela confirme la présence de dentine tertiaire cicatricielle physiologique. L'hypothèse d'une infection dentaire associée à une nécrose de la pulpe camérale et la formation d'abcès apicale est alors remise en question.

Au niveau de la denture, une autre anomalie est notée : l'absence des deux PM1 mandibulaire (dent 305 et 405). Cette affection est fréquente chez le chien mais peut résulter d'une agénésie réelle ou d'une inclusion de la dent dans la mâchoire ou dans un kyste odontogène.

Examen radiographique dentaire

Une radiographie de chaque canine mandibulaire à hauteur de leur apex racinaire est réalisée. Sous les PM1 et PM2 mandibulaire de chaque côté, distalement aux apex racinaires des canines sont mis en évidence deux structures cavitaires radiotransparentes. Les PM1 sont présentes mais incluse dans ces structures, leurs racines étant atrophiées. Les racines des PM2 mandibulaires sont partiellement lysées. L'hypothèse de kystes odontogèniques est posée. Le traitement consiste en un drainage des ces kystes ainsi qu'un nettoyage de ceux-ci en n'oubliant pas de retirer la membrane interne du kyste pour éviter sa récidive.

Kystes odontogéniques chez une boxer

Chirurgie

Un abord gingival est réalisé avec ouverture dorsale du kyste de la face coronaire distale de la canine à la face coronaire distale de la PM2 en passant le long de la face vestibulaire de celle-ci. Lors de l'ouverture, le liquide contenu dans le kyste se vidange. Les PM1 et PM2 sont extraites. Les membranes internes des kystes sont retirées. Un nettoyage abondant au sérum physiologique est réalisé. Une suture à points séparés de la gencive est réalisée. Une radiographie post opératoire de chaque kyste est réalisée montrant une extraction in toto des deux PM.

Kystes odontogéniques chez une boxer

Post opératoire

La chienne est rendue sous anti-inflammatoire et sous antibiotique pendant 10 jours. Un repos stricte avec arrêt des jeux de mordant est indiqué pendant minimum 1 mois le temps d'attendre le comblement partiel des cavités kystiques et donc une amélioration de la résistance des arcades mandibulaires osseuses.

Un contrôle radiographique des sites chirurgicaux est prévu dans 3 mois afin de contrôler la cicatrisation osseuse.

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 19:08
gingivite et palatoglossite avec ulcération linguale

gingivite et palatoglossite avec ulcération linguale

Le calicivirus félin est une entité pathologique de plus en plus rencontrée dans les consultations de dentisterie. Ce virus entraine différent type de lésions au sein de la cavité buccale :

- une gingivite marginale plus ou moins marquée, plus ou moins proliférative pouvant être ulcérative

- une palatoglossite pouvant être proliférative et ulcérative : ces lésions sont très fréquemment présentes lors de calicivirus félin

- des ulcères linguaux, palatins ou muqueux

Ces lésions sont très invalidantes chez le chat entrainant une dysorexie voir une anorexie, de l'hypersalivation, des saignements buccaux, de la douleur lors de la mastication et à l'ouverture de la gueule.

Il faut réaliser un diagnostic différentiel avec les lésions urémiques rencontrées lors d'insuffisance rénale chronique principalement ou les lésions engendrées par la présence du virus FIV. Plus rarement, des lésions liées à l'ingestion de caustique ou des néoplasies des muqueuses (carcinome) peuvent singer les lésions typiques du calicivirus félin.

Le calicivirus provoque au niveau des muqueuses un effondrement de l'immunité locale avec son détournement vers la médiation cellulaire. Ce type de réponse immunitaire entraine un afflux de cellules cytotoxiques et d'immunoglobulines de type IgM et IgG. L'association des cellules cytotoxiques et de ces immunoglobulines provoque une dénaturation de la muqueuse gingivale. Celle-ci est alors très sensible à l'agression continue des germes de la plaque dentaire, aggravant d'autant plus le statut lésionnel du chat.

gingivite marginale ulcéreuse sévère

gingivite marginale ulcéreuse sévère

Le traitement initial est un traitement chirurgical. En présence de lésions gingivales sévères, prolifératives associées à une palatoglossite sévère, l'extraction de l'ensemble des prémolaires et molaires maxillaires et mandibulaires est recommandée.

Si les lésions de gingivite sont focalisées au niveau de certaines dents, l'extraction peut être sélective. Elle ne sera réalisée que sur les dents présentant de la parodontite ou des lésions spécifiques comme des lésions résorptives du collet dentaire ou "Neck Lesion".

Suite à l'extraction dentaire, le chat sera placé sous antibiotique et anti-inflammatoire pendant une période de convalescence de quelques jours. Le chat bénéficiera d'une alimentation plutôt molle. L'extraction dentaire est très bien tolérée et n'handicape pas l'animal pour son alimentation.

Un contrôle postopératoire à 1 mois et 2 mois devra être réalisé afin de vérifier la bonne cicatrisation des muqueuses et la disparition des lésions inflammatoires.

3 cas de figure sont possibles :

- suite aux extractions, le chat est parfaitement stable et ne nécessite aucun autre traitement (60% des cas)

- suite aux extractions, le chat est globalement stable mais nécessite des soins médicaux ponctuellement pour calmer des épisodes de gingivite (20% des cas)

- suite aux extractions, le chat n'est pas stable et nécessite des soins médicaux (20% des cas)

lésions résorptives du collet dentaire ou Neck Lesion

lésions résorptives du collet dentaire ou Neck Lesion

Image de contrôle à 2 mois après extraction = sites dd'extraction cicatrisés et non inflammatoires

Image de contrôle à 2 mois après extraction = sites dd'extraction cicatrisés et non inflammatoires

Lorsque que le chat présente des crises inflammatoires ponctuelles, il faut vérifier l'absence de spicule osseuse (pointe osseuse de l'os alvéolaire) ou de débris racinaire pouvant être la cause des points d'inflammation. Le cas échéant une nouvelle intervention doit être prévue. Sinon, la gestion de l'inflammation peut se réaliser avec une association antibiotique (TMP sulfa, doxycycline, céphalosporine) et anti-inflammatoire (non stéroïdien : meloxicam ou stéroïdien).

En cas d'inflammation chronique permanente, la mise en place d'un traitement en continue devient nécessaire. Différents protocoles sont possibles :

- protocole Interféron recombinant félin (Virbagen) à 100 000 UI/j en application direct sur les lésions buccales : protocole ayant réuni le plus d'article et de résultats positifs en sa faveur

- protocole ARA 3000 Alpha : injection de 2ml en SC à J0-J3-J6-J9-J12 et J30

- association antibiothérapie et corticothérapie : c'est un protocole qui doit être mis en place en dernière intension après échec des protocoles précédents. En effet, l'utilisation au long court de corticoïdes peut avoir des effets indésirables pour le chat.

- de manière plus anecdotique, l'utilisation de lactoferrine bovine ou de substitut de matrice extracellulaire de synthèse (Dermapliq) in situ ont montré des effets intéressants pour la maitrise de l'inflammation et de la douleur chez le chat mais aucune étude n'a été réalisée jusqu'alors avec ces deux produits.

image chat atteint de calicivirus à J0 du protocole Interféron

image chat atteint de calicivirus à J0 du protocole Interféron

image du même chat à J60 du protocole Interféron : traitement efficace

image du même chat à J60 du protocole Interféron : traitement efficace

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 19:06

Un Berger Shetland de 7mois est amené en consultation d'orthodontie pour persistance des canines lactéales maxillaires (dent 504 et 604) ainsi que le début d'une double mésialisation des canines maxillaires définitives (dent 104 et 204). Décision est prise de réaliser l'extraction des canines lactéales ainsi que la mise en place de chainette de traction pour tirer distalement les canines définitives et les repositionner physiologiquement. La pose des chainettes est réalisée concomitamment à l'extraction des canines de lait maxillaires car celles-ci ne sont pas accolées au canines définitives mais séparées de celles-ci par une épaisseur d'os alvéolaire de quelques millimètres. On ne risque donc pas d'avoir une traction distale trop rapide des canines définitives.

Image de la malocclusion initiale (identique en contro-latéral)

Image de la malocclusion initiale (identique en contro-latéral)

Les canines définitives mésialisées ayant eu une égression restreinte, une gingivectomie périphérique aux couronnes est réalisée afin de pouvoir disposer les chainettes ainsi que les anneaux de blocage en CVI (ciment verre ionomère type GC Ortho Fuji LC).

Préparation de la canine définitive

Préparation de la canine définitive

Une cale en résine est moulée puis collée de chaque côté de la PM3 maxillaire à la M1 maxillaire. Un bouton orthodontique est ensuite collé à hauteur de la PM4 maxillaire afin de permettre l'ancrage de la chainette.

Un anneau en CVI (GC Ortho Fuji LC) est placé sur la portion distale de la couronne de chaque canine permettant d'éviter le glissement de la chainette.

La chainette en place correspond à 75% de la distance entre les deux points d'ancrage.

Matériel de traction

Matériel de traction

Un contrôle est prévu au bout de 4 semaines.

Au contrôle, l'évolution de la correction est correcte voir un peu plus rapide que prévu (probablement du fait de l'extraction des canines de lait et de l'espace libre laissé vacant). Les canines maxillaires sont au contact des faces distales des canines mandibulaires. La traction doit être pousuivie encore quelques semaines. Une nouvelle chainette de traction est placée avec une tension adaptée à la correction déjà obtenue.

contrôle à 4 semaines

contrôle à 4 semaines

Au second contrôle à 8 semaines, les canines sont suffisamment distalées. Les matériels de contention sont retirés. Il y a une marge suffisante pour autoriser les canines maxillaires à avancer très légèrement (mouvement rétrograde souvent observé après retrait d'une appareil d'orthodontie) sans revenir à une situation de malocclusion.

Contrôle à 8 smeaines : fin de correction

Contrôle à 8 smeaines : fin de correction

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 14:47

Une chatte de 14 ans et 9mois est référée en consultation suite à un trauma facial sévère ayant provoqué une disjonction intermandibulaire, une ouverture complète de la fente palatine et la fracture de deux prémolaires. Une exophtalmie de l'œil gauche est notée lors de l'auscultation de la chatte, conséquence probable d'une fracture de l'orbite ou de la formation d'un hématome rétrobulbaire.

Un bilan sanguin a été réalisé au préalable montrant un bon état de santé de la chatte.

Sous anesthésie générale, un bilan lésionnel complet est réalisé :

- disjonction intermandibulaire avec lésion parodontale sévère au niveau de la canine mandibulaire gauche (dent 304)

- fissure palatine complète avec partie osseuse maxillaire gauche repoussée dorso-caudalement sur 4 mm.

- fracture coronaire compliquée des dents 109 et 307.

Une radiographie de l'orbite gauche ne montre pas de fracture de celui-ci : l'hypothèse d'un hématome rétrobulbaire est alors la plus probable.

Vue Pré opératoire : fente palatine et disjonction mandibulaire

Vue Pré opératoire : fente palatine et disjonction mandibulaire

La chatte est d'abord placée en décubitus sternal afin de placer un cerclage au niveau des deux arcades mandibulaires. Un point de résine est placé à l'extrémité du cerclage afin de ne pas risque de blessure. Lors de la pose du cerclage, le parodonte de la dent 304 montre de grave signe de fragilité : cette dent devra être traitée ainsi que l'alvéole dentaire lors du retrait du cerclage.

La chatte est ensuite basculée en décubitus dorsal. Un cerclage en 8 entre les deux canines maxillaires est positionné et maintenu par de la résine afin de rapprocher l'hémi-palais gauche. Le palais mou est décollé sur 1 cm de part et d'autre de la fissure palatine puis suturé à l'aide de points simple au Vicryl 3-0 (décimale 2).

Les deux dents fracturées sont extraites.

La chattes est placé sous antibiotiques et anti-inflammatoire pendant 15jours, associés à une alimentation humide exclusive pendant 1 mois. Un contrôle est prévu toutes les semaines pendant 1 mois.

vue post oépratoire immédiate de la gestion de la fissure palatine

vue post oépratoire immédiate de la gestion de la fissure palatine

Au dernier contrôle (soit à 4 semaines), la chatte va bien, mange bien, l'exophtalmie côté gauche a régressé la première semaine post opératoire. Sous anesthésie, les matériels de contention, positionnés au niveau du maxillaire et de la mandibule, sont retirés.

Lors du retrait de la contention mandibulaire, la dent 304 tombe spontanément de son alvéole. Un nettoyage alvéolaire est entrepris : une nécrose sévère de l'ensemble de l'alvéole osseuse est notée, nécessitant le retrait complet de l'alvéole. Une suture gingivale est ensuite posée au monofilament résorbable Biosyn 3-0 (décimale 2).

La chatte est à nouveau placée sous 10 jours d'antibiotique et alimentation humide pendant 15 jours.

Vue à 4 semaines : cicatrisation complète du palais

Vue à 4 semaines : cicatrisation complète du palais

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 12:05

Un chien de race Staffordshire Bull Terrier est amené pour masse inflammatoire au niveau de l'arc palatoglosse gauche de la taille d'une noix. Cette masse est arrivée progressivement, n'est pas douloureuse pour le chien et n'a été remarquée par les propriétaires qu'à cause de rares saignements.

A la palpation, la masse est indurée, non douloureuse mais non pédiculées et non mobilisable. En première intension, afin d'espérer une diminution de la taille de la masse, le chien est placé sous corticoïdes à 0.5mg/kg matin et soir. Un contrôle est prévu au bout de 10 jours.

Le jour du contrôle, la masse n'a pas régressé voir même augmenté de taille. Décision est prise d'anesthésier le chien pour a minima réaliser une biopsie voir si possible retirer la masse.

Masse palatoglossique

Masse palatoglossique

Lors de l'anesthésie, la manipulation de la masse permet de déterminer la présence d'un pédicule large mais qui pourra permettre l'exérèse totale de celle-ci. Au bistouri électrique, la masse est extraite. Un lambeau de recouvrant est réalisé à partir de la muqueuse palatoglossique et jugale en arrière de la molaire M2 maxillaire gauche afin de recouvrir le site d'exérèse. Une membrane collagénique (Conform, Resorbable Collagen membrane, ACE laboratoire) imprégnée avec de la doxorubicine (Adriblastine) est placée au niveau du site opératoire, sous le lambeau.

mise en place de la membrane collagénique

mise en place de la membrane collagénique

Le lambeau est ensuite suturé au niveau des marges saines du site opératoire. Un contrôle est prévu au bout de 15 jours. Le chien est rendu en post opératoire sous meloxicam (0.1mg/kg/j au moment du repas) pendant 15 jours. Il est conseillé de ne pas faire de jeu de mordant pendant 15 jours. L'alimentation molle est aussi conseillée pendant 15 jours.

Les résultats histopathologiques donne pour la masse un résultat de sarcome de haut grade, infiltrant, de pronostic réservé.

vue post opératoire immédiate

vue post opératoire immédiate

Le chien est revu au bout de 15 jours. Le site opératoire évolue bien avec cependant un point de déhiscence du lambeau au niveau de la suture palatine. Le chien a un comportement tout à fait normal, mange bien. Un nouveau contrôle est prévu au bout d'un mois.

Un mois et demi après l'intervention, le chien est revu. Une douleur à l'ouverture de la mâchoire a été relevée par le propriétaire. Anesthésié, l'inspection de la cavité buccale est réalisée : la masse est de nouveau présente, plus importante encore, très infiltrante, non pédiculisée. Décision est prise de réaliser une autre chimiothérapie par infiltration en différents points dans la masse et autour de la masse.

Le chien est à nouveau placé sous meloxicam 0.1mg/kg/j pendant 15 jours.

récidive du sarcome à 6 semaines

récidive du sarcome à 6 semaines

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 16:38

Une chienne de race Yorkshire Terrier de 15mois est amenée en consultation pour mésialisation et palatoversion de la canine maxillaire gauche (dent 204). Cette malposition dentaire favorise le dépôt de la plaque dentaire et du tartre comparativement au reste de la dentition. Décision est prise de repositionner la dent 204 par l'intermédiaire d'une chainette élastique prenant appui sur une cale en résine collée sur les dents de l'hémi-arcade maxillaire gauche (de la PM2 ou dent 206 jusqu'à la M1 ou dent 209). Les différentes étapes sont décrites ci-après.

vu pré opératoire

vu pré opératoire

Après détartrage de la dent 204, deux anneaux en colle GC Ortho FUji LC sont positionnés sur la dent 204 afin de pouvoir ancrer la chainette. Sur les PM et M de cette même arcade est moulée une résine (Orthoresin de Dentsply) puis collée (colle GC Ortho FUji LC) . Sur celle-ci un bracket est collé afin de pouvoir positionner la chainette. La chainette est tendue selon la méthode suivante : le nombre d'anneaux libres correspond à 75% de la distance totale entre les deux points d'ancrage.

vu per opératoire après pose de la résine

vu per opératoire après pose de la résine

vu post opératoire après montage avec la chainette

vu post opératoire après montage avec la chainette

La chienne est revue au bout de 6 semaines. La canine 204 est légèrement distalée par rapport à sa position initiale. Une nouvelle chainette est positionnée afin d'assurer une nouvelle tension. Un nouveau contrôle est prévu après 6 semaines.

Au contrôle, la correction est acquise : la canine 204 est distalée suffisamment pour permettre le passage rostrale de la canine 304 (canine mandibulaire gauche). On retrouve l'organisation dentaire physiologique : la canine mandibulaire gauche s'intercale entre la dernière incisive maxillaire gauche (I3maxG ou dent 203) et la canine maxillaire gauche (CmaxG ou dent 204).

Vu de la correction avant retrait des résines

Vu de la correction avant retrait des résines

Vu après retrait des résines

Vu après retrait des résines

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