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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 21:04






Sur un chien berger blanc  de un an et demi, la canine maxillaire gauche est incluse  (voir cliché "julie" ci-dessous : la cuspide de la canine est indiquée par la pointe de la flêche "c").  Il a été entrepris de désinclure la canine qui est est totalement invisible dans la bouche du fait de sa position quasi horizontale sous la muqueuse .




La flèche jaune (i) indique la position de l'incisive latérale (sa racine), la flèche bleue (c) montre la pointe de la canine incluse.


 
La première étape a consisté à cautériser la muqueuse gingivale au servotome en direction de la cuspide. La pointe de la canine apparaît après une cautérisation de 2 mm de profondeur juste en avant de la première prémolaire (voir cliché ci-dessous). Après avoir dégagé la pointe, une légère cautérisation à l'aiguille fine dégage la périphérie de la cuspide sur 1 mm  de profondeur environ en direction de l'apex.




Un braquet à crochet  (cleat lingual  30-000-02 GAC) est collé  (ortho fuji LC) sur la face vestibulaire de la cuspide de la canine (préalablement mordancée à l'ac. orthophosphorique)


Une vis orthodontique  cruciforme d'ancrage de 7 mm (tomas) est positionnée perpendiculairement au palais au raz de la crête gingivale (vissage au contre angle puis manuel). La chaînette (AO) est tendue entre le braquet et la gorge de la tête de vis. La direction de tension de chaînette n'est pas idéale mais compte tenu de l'inclusion en position légèrement vestibulée de la canine, le fait de tracter rostralement et légèrement vers la palais pourrait permettre l'amorçage d'une égression vers le site physiologique de la dent.

Aprés 3 semaines le chien est revu : la cuspide n'a pas "bougé" d'un mm ! . Plusieurs radios de contrôle permettent de mieux cerner la forme de la canine incluse ; celle ci apparaît nettement dysplasique avec une forme en triangle isocèle dont un bord présente un renflement très rétentif dans l'os alvéolaire....


Aprés deux mois de traction l'egression est nulle. Une fenêtre fistulaire  appparait 5 mm
au-dessus du collage de braquet. L'avulsion de la dent est décidée, elle durera 1h 30.


Après incision de décharge en face de PM1, un lambeau est récliné caudo-dorsalement, l'os alvéolaire s'effrite facilement et laisse apparaitre une portion cuspidaire de la canine de couleur marron clair. Cette cuspide se détache rapidement du reste de la dent dès le travail  du syndesmotome, elle est fissurée dans sa longueur et friable, elle ne contient pas de pulpe. Le reste de la dent est trés difficile à extirper de par sa forme dysplasique et massive se terminant en massue. Il n'y a pas de pulpe dans le reste de la dent qui parait être constituée d'un bloc amélo dentinaire.

Sutures du lambeau et antibiothérapie.







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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 16:38

 




Certaines  tumeurs buccales ne peuvent être traitées par avulsion large (maxillectomie, mandibulectomie) soit en raison du refus du propriétaire, soit en raison de leur accessibilité. D'autres, sont faiblement radiosensibles. Ces raisons nous ont amené à envisager la mise en place de dispositifs à relargage d'agents chimiothérapiques sur les sites opératoires d'exérèse chirurgicale des masses tumorales.




Le matériau que nous utilisons est  l'os déspécifié bovin (photo ci-dessus) qui se présente sous la forme de blocs rectangulaires de 3cmX1,5cmX0,5cm, emballés sous blister stérile. Ce substitut bioartificiel est composé d'os spongieux déspécifié constituant une  trame poreuse intéressante pour ses propriétés absorbantes dans un premier temps et de substitut de greffe d'os dans un un second temps (xenogreffe).

cube-schema.jpg

L'agent le plus souvent utilisé dans les essais thérapeutiques fut l'adriblastine (doxorubicine présentation lyophylisée en 10 mg ), et plus rarement le cisplatine  (présentation lyophylisée en 10 mg),
Aprés exérèse de la masse tumorale, un cube d'os déspécifié du volume le plus adapté à la cavité d'exérèse, est introduit en force dans la cavité pour obtenir le maximum de stabilité du greffon. L'agent chimiothérapique est appliqué à la seringue par absorption sur la trame poreuse.

Les tumeurs les plus fréquemment traitées furent les fibro sarcomes.  Elles représentent sur une période de 3 ans la majorité des tumeurs maxillaires rencontrées (mélanomes et carcinomes viennent en 2° et 3° position en terme de fréquence).

L'étude rétrospective de Rechiqua (European congress of vet. Dentistry 2008) montre que sur 152 analyses de néoplasies de la cavité orale, 51 sont malignes. Parmi ces tumeurs malignes, les fibrosarcomes représentent 35 % des cas,les mélanomes 51 %, et les carcinomes 10 %. Si l'on s'intéresse uniquement aux tumeurs du maxillaire et des tissus durs les fibrosarcomes prédominent.

C'est cette dernière catégorie de tumeur qui  a été l'objet d'essais thérapeutiques par mise en place d'implants poreux relargant l'agent chimiothérapique.




Cas clinique N°1 :  fibrosarcome sous alvéolaire sur  un setter gordon (né en 1995)


Présentant une déformation unilatérale en partie rostrale du maxillaire droit. L'alvéole de la canine droite parait "soulevée". Elle est douloureuse à la pression. La sonde parodontale pénètre sur plus d'un cm en mésio-lingual.


 

 

Un lambeau pour alvéolotomie (distal par rapport à la canine) permet de découvrir une lésion tumorale sous la canine, dans la partie interne de l'alvéole et se prolongeant apicalement. L'examen anatomopathologique  a montré l'existence d'un fibro sarcome trés invasif.

 


Sur cette image (aprés retrait de la canine)  la tumeur blanchâtre est visible sur le plancher de l'alvéole : son développement s'est fait également en direction apicale avec effondrement de l'os en regard des cavités nasales et pénétration d'une partie de la néoplasie dans ces cavités.

La portion de tumeur retirée des cavités nasales.

 

 

Le site opératoire aprés exérèse des masses tumorales. Les cornets nasaux sont visibles en fond de cavité.

Le lambeau de recouvrement suturé à points séparés en fin d'intervention.



La récidive locale visible sur la photo ci-dessous (prévisible dans la mesure où une maxillectomie  n'a pas été pratiquée la première fois) a nécessité une seconde intervention  14 mois aprés avec nouvelle résection de la tumeur et mise en place d'agents antimitotiques in situ.

 

 

raymond-1-an.jpg

Après résection tumorale un cube d'os déspécifié est retaillé aux dimentions de la cavité, il est introduit dans la cavité d'exérèse et imbibé d'adriblastine : la dilution utilisée permet d'absorber 5 mg sous un volume de 1 ml.

D'une façon générale, les volumes utilisés oscillent entre 0,5 ml (2,5 mg) et 1 ml (5 mg) en fonction de la taille de l'implant.

Antibiothérapie classique et meloxicam.


 

 

chimio-seter.jpg



 

La tolérance locale a été excellente. Pas de nécrose des tissus environnants.

 

 

Suivi :   3 ans après la première intervention, et 20 mois aprés la pose du greffon (le cube d'os implanté n'a pas été retiré).


vue-de-raymon.jpg


Une tuméfaction "osseuse " trés dure, indolore est visible sur le cliché. La masse indurée est nettement en position dorsale externe (sur le chanfrein).

 


raymon-2-ans.jpg

La gencive, le palais, et les tissus mous adjacents semblent épargnés, par contre l'induration osseuse est visible lorsque l'on soulève la babine.



buisson.jpg


Radio (RVG ) à 3 ans, soit 20 mois après la xenogreffe  (voir cliché ci-dessus), confirme l'expansion "osseuse" du processus néoplasique avec cette image en "buisson" caractéristique des sarcomes.

Sur le plan fonctionnel le chien n'a aucun problème. La tuméfaction est indolore. La rémission (partielle) est de 3 ans .



Réintervention en janvier 2009 soit 25 mois après la 1° xenogreffe : la masse quoique indolore a augmenté de volume (de la taille d'une petite orange), elle est très dure et la  décision d'une nouvelle exérèse est prise.


Un nouveau cube d'os déspécifié est mis en place aprés l'ablation de la tumeur avec comme agent chimiothérapique du cisplatyl : 3 mg de cisplatyl sont solubilisés avec 0,8 ml d'eau distillée et adsorbés sur l'implant placé au centre de la cavité chirurgicale. Sutures musculaires au vicryl pour stabiliser le cube et cutanées au flexocrin.



Une vue de la masse (7X5X4) aprés exérèse.
3 semaines aprés la dernière intervention (photo transmise par le propriétaire : vue extèrieure du museau)
(photo transmise par le propriétaire :vue intérieure sous la babine)

 


 

DSC00215DSC00216

Le meme chien 4 ans aprés la première intervention; la lésion est stable par rapport au cliché ci dessus pris un an avant.


 

Cas clinique N° 2 : pointer de 8 ans. Opéré en 2004 pour un sarcome à cellules  étoilées


Réopéré "classiquement" en 2006 pour récidive locale (soit deux aprés). Exérèse simple  mais large aprés lambeau d'accés.

Nouvelle récidive en 2007, soit un an après la seconde intervention. Nouvelle chirurgie après lambeau d'accés large et mise en place d'un cube d'os déspécifié avec adsorption de 5mg d'adriblastine pour un volume de 1 ml.




La suture du lambeau à points séparés.
Antibiothérapie, meloxicam.
La tolérance locale a été moyenne avec une inflammation sévère pendant 10 jours . Pas de nécrose.

Suivi :
Décembre 2008  : aucune récidive locale  19 mois après la mise en place du greffon qui a été laissé. Pas de tuméfaction locale . La rémission est actuellement complète.

Ci dessus cliché aimablement transmis par le propriétaire (dec.2008)



Cas clinique N° 3  : cocker anglais femelle de 9 ans


Référé en avril 2007 pour une récidive de tumeur centrée sur la canine supérieure gauche (fibro sarcome). La première intervention remonte à un an .


Exérèse large aprés lambeau muco périosté, et mise en place d'un cube d'os déspécifié avec adsorption de 1mg d'adriblastine (volume 1 ml).
Antibiothérapie (spiramycine).



Une vue de la cicatrisation à 15 jours (déhiscence de 3 points). La tolérance à moyen terme a été moyenne et le cube a été retiré deux mois après l'intervention en raison de passage de CE (herbe) dans les zones de lâchage des sutures. Après retrait de l'implant cicatrisation satisfaisante.

Suivi :

Decembre 2008 : soit 19 mois aprés la pose de l'implant osseux et 17 mois aprés sa dépose, pas de récidive.  Résultat fonctionnel excellent. Pas de tuméfaction sur le site opératoire.



Cas clinique N° 4  : lévrier male de 9 ans
Opéré pour un  fibrosarcome maxillaire . La tumeur est centrée sur la canine maxillaire droite .La masse a la taille d'un oeuf environ. 

savy-ima1.jpg

 

savy-ima2.jpg                                                                     post op. immédiat


  A un mois (post opératoire) l'emplacement de la canine reste trés inflammatoire  , le palais est trés bombé traduisant une extension de la tumeur vers les cavités nasales.
block-2.jpg
Réintervention pour une chimiothérapie locale .
Un bloc d'os déspécifié Sp-Block (osteoBiol) est inséré dans le site opératoire ré-ouvert.

block

 

 

block-n.jpg

 

 

 

 

 

 

block-3.jpg

 

Le bloc osseux est imbibé d'adriblastine (5 mg) , puis le site opératoire est refermé.

 

 


 

Cette même technique a été utilisée dans le cas ci dessous pour traiter une récidive de fibrosarcome félin.

L'agent chimiothérapique fut le cisplatyl.

Ci-dessus une vue de la tumeur quelques mois aprés la première intervention dont la cicatrice est encore visible. La tumeur est bilobée et mesure 8cmX 4 cmX4 cm.
Un cube d'os déspécifié est placé sur le site de 2° intervention .Il est imbibé de Cisplatyl
( 3mg dans 1 ml ).
 
Des sutures à points séparés permettent de recouvrir l'implant avec du conjontif sain. L'implant est encore visible entre deux sutures.
Suture cutané en "Y" (surjet).
Un cliché à 4 semaines , le "cube" est visible il est toujours bien toléré à ce stade de l'évolution.



Cliché à 4 mois aprés la dernière intervention .

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 19:01


Cas clinique de traitement d'une luxation récidivante de l'ATM sur un chat par contention intermaxillaire.
Description de la technique étape par étape.





Chat mâle adulte présentant une luxation de la mandibule. La gueule resre entrouverte et l'occlusion douloureuse ne se fait pas dans l'axe longitudinal de la bouche mais avec une déviation latérale (tooth by tooth contact).
La luxation est rostro dorsale (voir article sur les luxations de l'ATM). Elle a été réduite par interposition d'un cylindre en bois (Technique du "crayon") et mise en occlusion forcée par une pression  modérée entre le nez et le menton (sous anesthésie générale, cette réduction est très facile). Lors "d'open mouth jaw locking" c'est à dire de blocage des mâchoires en position ouverte cette réduction est impossible voire contrindiquée car elle peut provoquer un trauma et des lésions puisque le  blocage est du non pas à une luxation de l'ATM mais à un contact entre le processus coronoïde et l'arc zygomatique.



La zone rostrale de la mandibule est ceinturée par un papier absorbant  de manière à protéger le site de la salive (une digue pouvait remplir ce rôle).




La contention  débute par un collage des 4 canines en position physiologique, collage précédé par un mordançage à l'acide orthophosphorique  à 30% de toutes les faces des 4 canines.





L'occlusion est ajustée en béance de façon à ce que les cuspides se croisent sur 2 mm environ. Une première application de verre ionomère (ortho fuji LC)  fige l'occlusion en position physiologique c'est-à-dire que les canines mandibulaires passent exactement entre les canines maxillaires et de manière symétrique.



 
Des couches supplémentaires  de verre ionomère sont ajoutées sur toutes les faces jusqu'à  "engainer" totalement les canines.



Compte-tenu de la fragilité du verre ionomère aux chocs, le collage est recouvert d'une couche  de résine (orthorésine Detrey) qui est appliquée en couronne en englobant les arcades incisives pour une plus grande stabilité. La fenêtre ménagée  au centre de la couronne permet le passage de la langue.




Les excès de résine sont éliminés à la fraise diamantée plate (ce qui explique le léger saignement observé à l'arcade incisive supérieure). Une application de gel retard à la chlorhexidine (Oravet) permet de protéger la muqueuse gingivale maxillaire et mandibulaire qui a subi le passage de la fraise.


 

 Aprés 15 jours la contention est retirée. L'occlusion est bonne et le fonctionnement de la mandibule est correct.  L'inflammation provoquée par le contact avec la résine est visible sur les arcades incisives et la gencive marginale en regard des canines supérieures.

 


 Voir lien :
articles annexes


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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 21:59
Chez le chat persan la linguoversion de la canine est une déviation  assez souvent rencontrée. Elle peut provoquer une malocclusion  et des problèmes de déviation de la mandibule car la canine inférieure antagoniste peut subir un contact prématuré.



palato-version.jpg




Dans  le cas présenté ci-dessous  la malocclusion, liée à la malposition d'une canine maxillaire, nous imposait soit l'extraction de  la canine maxillaire  gauche (à droite sur la photo) soit une tentative  de repositionnement de la dent après luxation-réimplantation et cela malgré les risques  de non ostéo intégration de la dent dans son nouveau site ou de nécrose avasculaire de la pulpe. La canine gauche était linguo et disto versée ; il fallait donc la vestibuler et la mésialiser. Le but de cette tentative de traitement  est de déplacer la dent au cours de sa luxation de la manière la  plus atraumatique possible et de la stabiliser  dans une position optimum par la pose d'une contention rigide en résine prenant appui sur l'autre canine et la ligne d'arcade incisive (arche canines-incisives).
La dent est doucement  luxée sans l'extraire à partir de sa position palato distale  anormale, elle est mésialisée et vestibulée, puis lorsque sa position normale est obtenue (avec occlusion physiologique ) elle est maintenue en place par un set up en résine (orthorésine) dont le scellement est assuré par sa propre rétraction.

r--implantation-1.jpg
Une vue après la pose de la contention en résine.

r--implantation-2.jpg


Très rapidement (une heure) après la pose de la résine (non collée) un saignement s'insinue entre la résine et la canine et compromet la qualité de l'auto-scellement par la résine (lié à  sa rétractation). La résine est déposée, nettoyée, séchée, le site est également nettoyé et séché puis la gouttière de résine  est replacée et scellée au verre ionomère (ortho fuji LC), elle sera maintenue en place un mois.

r--implantation-3.jpg
La gouttière replacée et scellée au verre ionomère. Elle sera maintenue en place 1 mois.

r--implantation-4.jpg


Après 7 mois la canine réimplantée est  toujours en place, elle ne présente pas d'hypermobilité et n'est pas sensible (à la percussion et au froid). Sa cuspide  est légèrement fracturée sans effraction pulpaire (fracture survenue lors du retrait de la résine par la morsure du davier  qui a ébréché l'extrémité de  la dent), la gencive marginale est rouge car le collet de la dent est encore recouvert de ciment de scellement.

r--implantation-6.jpg


Sur cette vue : la gingivite marginale liée à la présence de ciment verre-ionomère que l'on devine sur les faces vestibulaire et distale. L'occlusion est satisfaisante.
Une radio de l'apex est prévue à court terme.

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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 16:15

                                                                    CAS CLINIQUES

Cas N°1


Labrador adulte présentant depuis plusieurs mois une fistule infra orbitaire.

infraA-copie-1.JPG

 

Lorsque l'on soulève la babine droite la carnassière supérieure droite est recouverte d'une volumineuse plaque de tartre dont  la partie postérieure recouvre la  racine distale.

radio-fist-2.jpg



La radio (RGV Julie) montre une lyse trés importante de la racine distale et de l'os alvéolaire qui l'entoure.
"Chez les chiens transporteurs de bâtons et de cailloux (labrador !) les microtraumatismes répétés infligent à la pulpe dentaire, hémorragique ou non, des traumatismes tels qu'ils aboutissent à sa nécrose. Communiquant par le foramen des apex radiculaires avec le parodonte, notamment à la racine distale, des granulomes périapicaux se forment. Les cellules ectodermiques vestigiales de la lame dentaire primitives s'organisent pour former les parois d'un kyste dont le contenu s'infecte rapidement. Les exsudats, le pus, envahissent le sinus maxillaire (réduit chez les carnivores et trés proche des apex de la carnassière) et réalisent aprés destruction osseuse  et cutané, une fistule qui s'ouvre à l'extérieur. "Gilles Chaudieu, Encyclopédie Vétérinaire.

L'origine des fistules infra orbitaires est en fait le plus souvent liée à une pathologie siégeant sur la carnassière :

- soit et c'est le cas le plus fréquent  consécutive à une fracture horizontale ou en "éclat" avec exposition pulpaire et secondairement pulpite, nécrose, abcés apical et génèse d'une fistule externe.
- soit comme il est expliqué plus haut à la suite de trauma répétés sur cette dent qui aboutissent eux aussi à terme à la nécrose pulpaire et la création d'une lésion péri apicale et cela sans fracture, ni exposition pulpaire.
- soit à la suite d'une parodontite localisée avec poche profonde progressant vers l'apex et réalisant par cheminement desmodontal un abcés apical.

Il semble que le cas présenté ici  ait  pour étiologie, à la fois une parodontite centrée sur la racine distale, et une nécrose pulpaire dans une des racines mésiales (origine traumatique  ?) retrouvée aprés l'avulsion. Il n'y avait pas de fracture dentaire radiologiquement visible ni macroscopiquement visible aprés l'avulsion.

L'extraction est décidée.



 

L'extraction débute par une section coronaire. La première coupe est réalisée entre les deux racines mésiales et la racine distale. Elle débute par l'échancrure intercuspidaire pour finir dans la furcation.

Un luxateur élévateur permet de luxer facilement la racine distale.

 

  

 



Une seconde coupe sépare les deux racines mésiales qui sont luxées puis extraites au davier. Une incision de décharge verticale vestibulaire facilite le travail du syndesmotome et des luxateurs.
Un éperon intealvéolaire saillant persiste au niveau de la furcation, il sera fraisé  (alvéoloplastie au crestotome).

La crête est émoussée lors de l'alvéoloplastie.
Avant la fin de l'intervention et la pose d'un point de suture pour plaquer la muqueuse gingivale soulevée en partie distale, un luxateur droit de petit diamêtre est introduit dans le trajet fistuleux en direction de la cavité alvéolaire pour aléser ce trajet et faciliter le drainage déclive.


infra-b.JPG

 

infra-C.JPG



Cas N°2


2--bis-a.jpg


Chez ce berger il n'y a pas de fistule mais une simple tuméfaction infra orbitaire.
2--bis-b.jpg

 



Lorsque l'on soulève la lèvre la carnassière supérieure est recouverte par une volumineuse plaque de tartre. Le sillon sulculaire est suitant et légèrement hémorragique en mésial. Il n'y a pas de fracture coronaire visible.
2--bisc.jpg


Lors du sondage la sonde pénètre dans une "poche" profonde en face vestibulaire. Cette poche semble en relation avec la tuméfaction. Dans ce cas clinique il n' a pas été pris de radio, mais la décision d'extraire la dent est prise.
Compte tenu de l'absence de mobilité de la dent  cette extraction est précédée par un lambeau d'accés pour  patiquer une alvéolotomie externe. Deux incisions verticales de décharge de part et d'autre de la dent permettent de soulever un lambeau suffisant.

Image1radio-fistul-modif.jpg

Lors de réalisation du lambeau un orifice  rond, fistulaire ,(voir flêche) est découvert en regard de l'apex de la racine distale. L'abcés apical a lysé la paroi alvéolaire vestibulaire et s'est déversé sous la muqueuse participant à la formation de la tuméfaction infra orbitaire.
La sonde a, en réalité, sondé l'espace sous muqueux et non l'espace desmodontal : la dent était enkylosée et l'alvéolotomie a facilité l'extraction. Sutures classiques au fil résorbable.

2--fistule-d.jpg


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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 13:04




Chez ce beauceron une fistule oro-nasale consécutive à des complications consécutives à  l'extraction de la carnassière supérieure droite est présente depuis plusieurs mois. Deux curetages osseux avaient   été nécessaires pour venir à bout du foyer d'ostéomyelite résiduel (les analyses histologiques n'ayant pas révélé de processus néoplasique). La perte de substance importante à la suite de la deuxième ostectomie maxillaire avait laissé une ouverture fistulaire  ovalaire de 1,5 cm sur 0,8 cm  située à l'emplacement de la carnassière. Cette ostectomie a permis la guérison complète du site infecté et la fistule est relativement bien tolérée pendant plusieurs mois.
Le traitement de la fistule est  toutefois décidé aprés ces quelques mois car le chien présente un jetage unilatéral droit discret mais permanent lié au passage d'eau et d'aliments dans les fosses nasales et cela d'autant plus facilement que la communication est trés postérieure.


La technique choisie est celle du double lambeau :

Aprés incision d'une fine bande des marges de la fistule tout en la laissant en place maintenue par deux petits pédicules, cette bande est repliée dans l'ouverture et particepera à la reconstruction.
- le premier lambeau est constitué par un lambeau de retournement palatin muco périosté de pleine épaisseur. Le fragment de palais est retouné sur sa chanière crestale et suturé  à points séparés sans tension aux berges vestibulaires de la fistule cruantées par scarification du bord latéral avant suture.

rubi8-copie-1.jpg


Le clamp visualise le site donneur palatin : deux incisions de décharge parallèles de part et d'autre de la fistule et médialement (perpendiculaires à la crête gingivale et en direction du raphé palatin) réunies par une 3° incision perpendiculaire aux deux premières de façon à faire pivoter le lambeau aprés son clivage du palais dur à l'élévateur périosté. La face orale de la muqueuse palatine est alors contre l'orifice de la fistule. Sutures à points séparés au fil résorbable sur les 3 cotés du volet retourné.

rubi-9.jpg




rubi4.jpg


Le 2° lambeau recouvrant le premier est un lambeau de muqueuse alvéolaire labiale (lambeau pédiculé labial de rotation) : lambeau muqueux d'épaisseur partielle prélevé à la face interne de la lèvre et pédiculé sur une grande largeur. Ce lambeau doit recouvrir sans tension le premier lambeau surtout dans sa partie latérale  externe c'est-à-dire sur la crête de sutures soumises aux tensions diverses. Les sutures se font au fil résorbable.

rubi2.jpg


Un simple surjet referme le 2° site donneur sans tension naturellement car la muqueuse de la face interne de la joue est trés souple.Antiseptie buccale par administration de vet aquadent dans l'eau.

rubi1.jpg






2 ème cas :

Dans ce cas la fermeture est classique "bord à bord" ( la plus simple à réaliser). "Elle est normalement à réserver à la fermeture de fistules de petite taille (P. Hennet) car des tensions apparaissent rapidement. Il est aussi préférable d’utiliser cette technique pour la fermeture de fistules récentes (au moment d’une extraction dentaire par exemple)". Dans le cas présenté ici la tentative de fermeture de la fistule a été décidée en fin de détartrage et nous avons opté pour cette solution provisoire et simple, alors que la taille de la fistule et son ancienneté auraient nécessité une technique plus élaborée (double lambeau). Après avoir paré les bords de la fistule, les deux plans muqueux sont ensuite suturés  bord à bord et de manière éversante à l’aide de points simples monobrins résorbables.

fistule-phase-1.jpg                                 Fistule centrée sur la canine,ovalaire, non récente.fistule-phase2.jpg


Les bords de la fistule sont  excisés  mais  la corolle est laissée en place par le biais  de  deux pédicules  permettant de  constituer  une bride centrale  (élement  participant au comblement fistulaire)crepes.jpg


Avant  de suturer des "patch" de fibrine homologue préparés  avant l'intervention à partir de plasma du patient  sont placés sous la suture  à points en U. Ces bandes de fibrine  participent également au comblement fistulaire.

 

fistule-phase-3.jpg



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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 19:32



EXTRACTION D'UNE CANINE FRACTUREE  (ANCIENNE FRACTURE) : LA RADIO LAISSE SUPPOSER UNE DENT DIFFICILE A EXTRAIRE (ANKYLOSE ).

Aprés anesthésie générale  une anesthésie locale colmplète l'analgésie: articaïne adrénalinée à 1/200 000 en carpules.



locale-b-copie-2.jpg

                                                              1° temps:sous muqueuse péri apicale (0,2 ml)

locale-c.jpg

                                                                       2° temps: intraligamentaire (0,2 ml)

locale-r-copie-1.jpg

                                                              3° temps: sous muqueuse palatine (0,2 ml)


locale-e.jpg

                                                                  Début de l'avulsion au syndesmotome.

locale-f.jpg

                                        La luxation s'avère impossible: pas de plan de clivage dans le ligament.

locale-g.jpg

                                          L'alvéolotomie d'avulsion débute par l'incision de décharge: distale

locale-h.jpg

                                                           Le lambeau est soulevé à lélévateur périosté

locale-i.jpg


locale-k.jpg

                                            La découpe du plastron vestibulaire de l'alvéole à la fraise fissure

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                                                                       Luxation de la dent à l'élévateur

locale-j.jpg
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locale-n.jpg


                                                                                        Sutures au vicryl
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12 août 2007 7 12 /08 /août /2007 11:45
rhinite-1.jpg


Sur ce caniche âgé atteint de rhinite chronique unilatérale gauche on constate  à l'ouverture de la gueule une  canine supérieure gauche dont la couronne est trés petite (à peine supérieure en taille à la la PM 1) , le sulcus autour de cette canine est  légèrement hémorragique. Une légère mousse hémorragique est visible dans la narine gauche. Ce chien a déjà reçu plusieurs traitements antibiotiques.
Une parodontite sévère est diagnostiquée avec pénétration de la sonde parodontale sur plus d'un cm sur toutes les faces de la canine. L'extraction est décidée
.

rhinite-2.jpg


Photo du chien juste après l'extraction. L'avulsion est extrêmement facile, la dent est entièrement enfoncée dans l'alvéole et seule la cuspide dépassait. Le ligament est totalement détruit. La parodontite a en fait facilité l'ingression dentaire dans son alvéole par disparition du desmodonte. Une grande partie de la racine se retrouvait ainsi dans les cavités nasales générant la rhinite.

rhinite-3.jpg
La dent aprés extraction







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11 juillet 2007 3 11 /07 /juillet /2007 22:14

Cas N°1


Fracture de la branche mandibulaire en arrière de la dernière molaire sur un yorkshire agé. Une pose d'attelle est impossible en raison de la position de la fracture.
Les propriétaires ne souhaitent pas d'intervention orthopédique.








La solution retenue est une contention intermaxillaire par pose d'une muselière. L'alimentation liquide ou semi-liquide se fait par sonde naso oesophagienne. Pose de colerette. L'extrémité de la sonde parait volumineuse mais il s'agit d'une obturation (de gros diametre) de la sonde.
Aprés 3 semaines et demie la consolidation est assurée. La muselière est retirée.



Cas N°2


Jeune chien en dentition lactéale avec fracture en arrière de la prémolaire. Le traitement choisi est la muselère de contention. L
a nutrition est asurée par la pose d'une sonde oesophagienne.





Remarque:

Chez le chat  lors de fractures mandibulaires en arrière des prémolaires les contentions par pose de résine inter maxillaire constituent une excellente technique de stabilisation.
(voir  fin de l'article sur les  luxations de l'ATM).



Cas clinique N°3


Chez ce chat lésions multiples :
-rupture du ligament mentonnier
-scalp mentonnier
-fracture d'une branche mandibulaire en arrière de la dernière molaire.
La seule solution  ,non orthopédique ,permettant de régler la dissociation mentonnière et la fracture mandibulaire qui a été retenue fut la contention intermaxillaire.Les 4 canines ont été scellées en position physiologique au verre ionomère.
Une complication sévère est survenue à 24h :la langue a été extirpée par les griffes des antérieurs malgré la pose d'une colerette.Cette langue une fois coincée dans l'anneau en résine a triplée de volume. Cela a nécessité la dépose de la contention pendant 36 h , puis aprés récupération du volume normal de la langue la contention fut reconstruite.












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9 juillet 2007 1 09 /07 /juillet /2007 18:03

  La luxation de l'articulation temporo mandibulaire (ATM) [temporomandibular joint luxation (TMJ)] est assez fréquente chez le chat (plus que chez le chien). Le diagnostic est clinique et radiologique (incidence dorso ventrale).

Lors de luxation de l'ATM (le plus souvent traumatique :"chat parachutiste") le chat présente une malocclusion et ne peut fermer la gueule en raison de contacts anormaux entre les dents (entre le canines mais aussi les molaires du coté controlatéral à la luxation).La réduction de la luxation se fait par interposition d'un crayon entre les molaires et pression douce en partie rostrale des maxillaires.Il faut distinguer cette luxation du blocage de la bouche ouverte (open mouth jaw lockind) lié à un contact entre le processus coronoïde et l'arc zygomatique (dysplasie de l'ATM ?).Ce blocage survient aprés un baillement et le chat est présenté la gueule ouverte .Dans ce cas la réduction au "crayon" est impossible voire dangereuse.

 

 atlas atm



Deux types de luxation :

 

 

- cranio dorsales : les plus fréquentes (flèche bleue) :la mandibule est déplacée latéralement et rostralement du coté controlatéral à la luxation.

 

- caudo ventrales : (fléche jaune), avec fracture du zygomatique temporal (éclair jaune)

 

 

 

 

Les conséquences sont résumées dans le tableau ci-dessous :

 

 

 

 

 

 

 

 Ci-dessus ATM normal et son image radiologique en dessous

 


 

 

 

 

Luxation cranio dorsale et son image radiologique.

 


 

 

 


 Luxation ventro caudale et son image radiologique




Exemples de traitement  :

 

lors de luxation récidivante de l'ATM chez le chat 

La solution de la contention intermaxillaire par collage des canines est intéressante car elle permet à l'animal de s'alimenter en lapant la nourriture liquide. Ce type de collage est maintenu en place pendant 15 à 20j. Photo : les 4 canines sont collées au verre ionomère (ortho Fuji LC) en position de sous occlusion aprés avoir été détartrées, mordancées (etching classique), rincées et séchées.

Ce collage primaire peut etre renforcé par de la résine (orthorésine) pour augmenter sa résistance (photo de droite); on peut observer que cette résine englobe la collage primaire sur les canines et les deux arcades incisives.

 

 

 



contention-inter.jpg

 

Voir un cas clinique étape par étape

 

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