parodontologie

  Un chien agé de type caniche présente une rhinite unilatérale droite ancienne avec éternuements. L'hypothèse d'une origine dentaire responsable de la rhinite est envisagée . Pour confirmer cette étiologie l'animal est sédaté et l'ensemble des dents est exploré à l'aide de la sonde parodontale et par manipulation de chaque dent de manière à rechercher les mobilités anormales.Dans la plus part des cas (mais pas systématiquement) lorsqu'une dent est responsable d'une infection chronique des cavités nasale ,la dent responsable est la canine supérieure. Les poches coté palatin sont alors fréquentes.

La vidéo ci dessous montre la phase d'exploration et la matérialisation de la fistule.

 

 

 

 

 

 







                           EXEMPLES DE PARODONTITE LIEE A UNE MALOCCLUSION UNILATERALE


Cas N°1

Chez ce jeune Yorkshire la canine supérieure et le coin (incisive latérale) montrent du côté droit une présence modérée de plaque dentaire.  Il faut noter que de ce coté des mâchoires les rapports d'occlusion intermaxillaires sont normaux.  La canine inférieure venant se loger parfaitement entre la canine supérieure et le coin.




Le côté gauche des mâchoires montre un aspect parodontal tout à fait différent : le dépôt de tartre est très important avec une légère récession de la gencive en zone distale du collet de la canine et également au niveau du coin. Sur le plan occlusal, l'espace entre la canine et le coin est fermé et la canine inférieure qui ne peut se loger est mésio versée en avant du coin supérieur.

Cet exemple illustre parfaitement  la  relation entre la malocclusion et le développement d'une parodontopathie focalisée.
Il faut encourager les propriétaires à soigner la prévention des dépots de plaque dans ces zones de malocclusion par un brossage plus méticuleux et l'utilisation des barres à mâcher.


Cas N°2 Sur ce jeune Pinscher (aprés détartrage) la 3° prémolaire supérieure gauche n'a pas de place pour s'aligner correctement sur l'arcade ; elle s'est donc positionnée perpendiculairement à l'arcade (rotation de 90°) : il s'en suit une cascade de lésions parodontales (récession gingivale sur la racine distale,ulcère de la muqueuse buccale en regard de la dent, accumulation de tartre...).


Cas N3


Cavalier King Charles de 6  ans présentant une parodontite localisée à PM1 et PM2. La parodontite est liée à l'encombrement excessif  dans cette zone du maxillaire.L'extraction sera la meilleure solution dans la mesure ou ces prémolaires ont un rôle secondaire.


Sur ce même chien le problème de parodontite  focalisée se pose également à gauche.Pm1 est presque complétement déchaussée. PM2 présente une furcation de classe 3. L'extraction est la règle .





Cas clinique N°1



Pendant le détartrage de ce caniche de 10 ans, l'hypermobilité des arcades incisives est très nette, en particulier à la mandibule.
 La propriétaire l'a signalé et cette hypermobilité ne l'encourage pas au brossage.


Il s'agit d'une hypermobilité de classe 2, aggravée au fait que ce chien présente une malocclusion (occlusion de classe II, rétrognathie maxillaire).
Après détartrage soigné, polissage des couronnes et curetage en douceur des parties radiculaires dénudées en évitant le saignement, il sera entrepris une contention extemporanée collée de l'arcade incisive mandibulaire pour retarder la chute de ces incisives et permettre une prophylaxie correcte par les propriétaires.

 


Une digue est placée (usage détourné d'un gant chirurgical ). Les dents sont mordancées sur leur face linguale et interproximale à l'acide orthophosphorique, rincées et séchées. Une couche d'adhésif est appliquée au pinceau sur toutes les surfaces coronaires linguales et interproximales puis polymérisation 20 secondes. Une goutte de composite  Biosplint Flow est déposée sur la 33,  puis la bandelette est placée et polymérisée. L'application de la bandelette et de composite se poursuit de dent à dent jusqu' à la 43. La bandelette est ensuite recouverte de composite.



Les débordements de composite au-delà du cingulum sont éliminés avec une fraise dia
mentée fine.











                                                                                                   Cas clinique N°2



Jeune Terrier du Tibet de 7 mois réferé pour une fracture mandibulaire en arrière de PM4 et centrée sur la racine mésiale de la carnassière. Une ligature acier a été posée il y a 3 semaines, mais le montage s'avère instable. La ligature passée dans la furcation de la carnassière s'appuie sous le collet de PM4. Sur la photo de la radio on aperçoit un apex de la racine mésiale de M1 qui a littéralement perforé la corticale externe responsable de la fracture.





La lecture de la radio montre un glissement de la ligature primitivement à la furcation vers l'apex de la racine mésiale de la carnassière. L'apex et tout le ligament apparaît radio transparent. La racine dans le foyer de fracture contribue très certainement à l'absence de cicatrisation osseuse. L'état général du chien est légèrement dégradé (légère hyperthermie) et le moindre mouvement mandibulaire est douloureux ce qui laisse supposer également un foyer   d'osteite localisé. Il est décidé de retirer la ligature , de supprimer la racine mésiale de la carnassière tout en lui conservant sa couronne pour l'utiliser comme appui pour une contention en résine.



La racine mésiale est retirée à la fraise fissure après un mini lambeau d'accès. Le foyer de fracture est infecté. Nous laissons la chambre et la racine distale sans traitement endocanalaire par manque de temps anesthésique. La dévitalisation ou l'extraction du reste de la temps étant prévu après la constitution d'un éventuel cal.
Aprés repositionnement du lambeau une résine Coolsin (Pierre Rolland) est appliquée depuis M2 jusqu'à l'arcade incisive. Le cliché (Julie) ci-dessus pris aprés l'extraction de la racine mésiale et la pose de la résine  montre une vaste cavité radio transparente. Les corticales externes sont mal apposées avec une marche de quelques millimètres peu satisfaisante sur le plan orthopédique.
Antibiothérapie (clindamycine pendant 15 j. 11mg/kg)





Le chien perd malheureusement sa gouttière après 15 jours seulement. L'état général est bon et il n'y a plus de douleur depuis le retrait de la ligature. Il est revu 10 jours  après la chute de la gouttière. Il s'alimente normalement et son comportement est normal. A la manipulation, la fracture est instable mais pas douloureuse. Un cliché est pris ce jour (photo ci-dessus) , elle montre une amélioration de l'alignement cortical et surtout un comblement trés net du foyer par du cal.
Une nouvelle résine de contention en gouttière est placée entre PM2 et M1 : la résine Biosplint de Pierre Rolland.


Après mordançage et application de l'agent de liaison, une bandelette est appliquée sur la PM2 puis recouverte de composite Biosplint . La bandelette est ensuite appliquée de dent à dent jusqu'à la dernière molaire et recouverte de composite comme pour une attelle extemporanée collée d'arcade incisive.Une gouttière si courte est certainement insuffisante mais nous tablons sur le jeune âge du chien pour éviter la pseudarthrose. Il faut noter l'excellente adhésivité du biosplint  aux surfaces mordancées et sa résistance aux forces de cisaillement.


Début de formation du cal à 3 semaines.


Cal  de bonne qualité à 6 semaines.





Vieux cocker de 9 ans affecté par une rhinite unilatérale droite. Compte tenu de l'état de la bouche, une thérapeutique initiale est entreprise avant tout traitement et avant la mise en oeuvre de clichés radiologiques ou d'exploration des cavités nasales (endoscopie). Pendant le détartrage la PM3 maxillaire apparaît très mobile et la PM2 présente une furcation de classe 3 (voir vidéos). Ces deux dents sont extraites.

Furcations
Vidéo envoyée par orthovet

Mobilité
Vidéo envoyée par orthovet

 


 



La PM2 après son extraction. 

La PM3 présentait une racine distale lysée sur la moitié de sa longueur.

Après extraction (facile) de PM3 un saignement nasal traduit une fistule ou une communication oronasale à hauteur de cette prémolaire.




Les radios, avec et sans sonde en place, laissent supposer un trajet fistuleux.

La sonde est dans le site d'exploration de  PM2, les flèches oranges visualisent un trajet radio-transparent dans la zone de projection de la racine distale (lysée) de PM3.

Une exploration méticuleuse du trajet des racines de PM3 permet de retirer un épillet de graminée dont l'extrémité dépassait dans la cavité nasale.




"Lorsqu'une intervention à lambeau est indiquée lors du traitement d'une parodontite ou d'une intervention de chirurgie moco-gingivale, l'incision et la suture constituent le premier et le dernier temps de l'acte opératoire et déterminent la plupart du temps la réussite ou l'échec de l'intervention. De ces deux phases, la seconde, les sutures, liées très largement à la première, les incisions, dépendent en effet les objectifs thérapeutiques de l'élévation d'un lambeau tant en chirurgie parodontale qu'en chirurgie muco-gingivale ." Alain Daniel


CAS CLINIQUES


Ils concernent essentiellement des cas de chirurgie muco gingivale visant à corriger des recessions gingivales accompagnées de lésions induites de la muqueuse labiale : le plus souvent des ulcères.

cocker-21.jpg

" La récession parodontale ou dénudation radiculaire est définie comme le déplacement de la gencive marginale apicalement à la jonction amélo-cémentaire (American Academy of Periodontlogy, 1992).
Pour Guinard les recessions gingivales ou dénudations radiculaires (ou retraits gingivaux) sont caractérisées par une dénudation partielle de la surface radiculaire par migration apicale de la gencive et bien sûr du desmodonte et de l'os alvéolaire.

La classification la plus simple des récessions est celle de Benque (1983) qui les scinde en trois catégories U,V et I en fonction de leur forme.

Sullivan et Atkins (1968) ont présenté quatre classes de récessions gingivales :
- large et longue
- large et courte
- étroite et longue
- étroite et courte

La classification de Miller (1985) est plus large et plus détaillée pour permettre d'établir le pronostic d'un recouvrement de la récession gingivale par la chirurgie muco-gingivale :

- classe I : récessions gingivales larges ou étroites n'atteigant pas la jonction muco-gingivale, 100% de recouvrement sont possibles
- classe II : récessions gingivales larges ou étroites atteigant ou dépassant la jonction muco-gingivale, sans perte des tissus parodontaux interproximaux, 100% de recouvrement sont possibles.
- classe III : récessions gingivales atteignant ou dépassant la jonction muco-gingivale, avec perte des tissus partodontaux interproximaux, ou avec malposition, le recouvrement ne sera que partiel.
- Classe IV : récessions gingivales atteignant la joncton muco-gingivale, avec perte des tissus parodontaux interproximaux, et avec malpositions, le pronostic de recouvrement est mauvais".
D'aprés J.M Dersot.

 

Nous envisagerons parmi les techniques destinées au recouvrement les lambeaux déplacés latéralement et les lambeaux déplacés verticalement.Le but de ces lambeaux n'est nullement esthétique mais il vise à contribuer à la cicatrisation et la guérison des ulcères de calque par interposition d'une muqueuse saine.

1) Lambeau de translation verticale (technique de Tarnov) :

- l'indication : les récessions gingivales en regard de la canine par exemple  (avec hauteur de gencice attachée suffisante: petite flêche bleue) associée ou non à des ulcères de "calque" (visible ici sous la lèvre en regard de la récession: flêche noire)


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- les différentes techniques:

                               le lambeau pédiculé de translation verticale
tarnov-schema.jpg
Sur ce schéma le résumé d'une des techniques : au dessus de la récession une incision semi lunaire est réalisée en pleine épaisseur en préservant un pedicule mésial et distal. Le lambeau est soulevé à l'élévateur périosté ou au ciseau d'Oshenbein N°1 (et non au bistouri !) puis le lambeau est positionné plus coronairement. Le site receveur est détartré, poli, et lègèrement moradancé :
- c'est la préparation radiculaire chimique ; les surfaces radiculaires exposées par la maladie parodontale, en contact avec le milieu buccal, la plaque bactérienne et le contenu de la poche constituent un obstacle au réattachement ou à l'adhésion de la gencive en raison de la présence de bactéries et d'endotoxines. Le surfacage diminue la charge bactérienne et sans doutes favorise l'accélération du "réattachement" de la gencive sur la dent (JP Houhayoun).
Différents produits de surfaçage ont  fait l'objet d'études sur l'animal : EDTA 15 %, acide citrique, acide acétique à 5 %... ces substances pourraient favoriser l'adhésion:
- en décontaminant la surface radiculaire
- en accélérant la cémentogénèse
- en élargissant les tubuli dentinaires comme pour une préparation dentinaire
- en favorisant l'adhésion cellulaire

tarnov-en-cours.JPG

L'incision semi lunaire avant la dissection et le positionnement du lambeau.


Le lambeau est ensuite maintenu en place par des sutures suivant plusieurs modalités possibles :

- Un seul point en U au vicryl qui embrasse la dent en lingual, noué en vestibulaire; pour éviter la dehiscence les chefs libres sont collés à la couronne.

tarnov-3.JPG
                                                   1° exemple

tarnov-51.jpg                                         2° exemple



- Deux points matelassier  gencive/muqueuse palatine noués sur la crête.

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  * si le  saignement du site donneur est intempestif  il est  possible  de loger  une compresse hémostatique  dans le croissant dénudé (voir photo ci dessus).


- les résultats :


tarnov-echec.jpg

 

 Ici un échec : la gencive est revenue vers le site donneur en raison de la force de traction exercée lors de la cicatrisation, la récession est à nouveau visible (on se retrouve dans la situation de départ avec un amandement lésionnel notable). On note que la gencive garde un aspect non inflammatoire et que l'ulcère de calque situé au dessus est en voie de cicatrisation.


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Ici un bon résultat : la gencive repositionnée reste en place avec une "pseudo attache solide". On est à 3 semaines aprés la chirurgie, le site donneur n'est pas totalement épithélialisé. L'ulcère est en voie de cicatrisation. La structure histologique de cette attache (et de la nouvelle jonction gingivo-dentaire) n'a pas été étudiée .
- Epithélium jonctionnel long ou attachement conjonctif ?
- Y a t'il eu  ou non une migration coronaire de l'attache ?

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Autre résultat correct sur un cocker : le site donneur est en voie de s'épithélialiser complètement. Pseudo attache  suffisante. Le saignement marginal résulte du détartrage coronaire au collet.

Cas clinique en cours :

cocker-21.jpg


Cocker adulte présentant un trés bel ulcère de calque lié à la recession gingivale sur la 24. Présence de tartre et d'une poche vestibualire de 2,5 mm (sonde Periprobe , PeriWin). La canine est trés usée sur sa face distale (souvent le résultat de mauvaises habitudes : usure contre du grillage de clotûre par exemple). Le site receveur est détartré, poli et mordancé avec un etching dentinaire.
   

cocker-22.jpg La technique retenue est un lambeau de translation verticale avec suture en "U"





2) Lambeau de recouvrement de translation latérale :

Cette canine maxillaire droite de Basset Hound présente une trés belle récession allant au dela de la ligne muco gingivale.

Aprés détartrage la surface radiculaire  est  polie  à la fraîse diabolo puis  légèrement mordancée (liquide  de mordançage dentinaire) avant la réalisation du lambeau de translation latérale (technique décrite par Grupe et Warren).




L'incision de décharge en pleine épaisseur se situe distalement par rapport à la PM1, elle s'étend au-delà de la jonction muco gingivale. L'élévation  du lambeau mucopériosté se poursuit avec le décolleur périosté de Molt. Une incision périostée au bistouri permet une extension plus grande du volet de recouvrement. Avant de suturer nous interposons un greffon conjonctif prélevé au niveau du palais; greffon désépithélialisé avant d'etre enfoui. Sutures à points simples, matelassiers, au vicryl, aiguille ronde. Le site donneur est laissé tel quel en vue d'une épithélialisation spontanée.


3) Lambeau tracté coronairement :

(Sur les conseils de notre confrère  Noahaxeltiger)
> Date: Sam 12 avril 2008 22:46:46 sur le forum Eugénol.

Caniche de 10 ans avec parodontite généralisée. A hauteur des canines un classique ulcère de calque est nettement visible. Recession gingivale au niveau de la canine, poche peu profonde (2mm) et hauteur de gencive attachée suffisante. Il est entrepris un lambeau tracté coronairement.

                                                    

 


                                                  


Aprés détartrage soigné l'espace sous gingival est doucement débridé  et décontaminé au laser (Biodent Micro  980 Hoya Conbio)  sous irrigation abondante  (ici  réalisée  par l'aspersion  du  Cocoon Spray  Satelec ). La surface  radiculaire  est  traitée  à  l' EDTA avant la chirurgie.

Aprés les deux incisions de décharge  et le débridement périosté (par incision horizontale) le lambeau peut etre étiré facilement et suturé par points matelassier. Le vicryl utilisé ici est de gros diamètre pour éviter le cisaillement.

Un exemple de lambeau de translation verticale:
photo.JPG

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