Sur ce jeune Pinscher (aprés
détartrage) la 3° prémolaire supérieure gauche n'a pas de place pour s'aligner correctement sur l'arcade ; elle s'est donc positionnée perpendiculairement à l'arcade (rotation de 90°) : il s'en
suit une cascade de lésions parodontales (récession gingivale sur la racine distale,ulcère de la muqueuse buccale en regard de la dent, accumulation de tartre...).
Sur ce même chien le problème de parodontite focalisée se pose également à
gauche.Pm1 est presque complétement déchaussée. PM2 présente une furcation de classe 3. L'extraction est la règle .
Cas clinique N°1
Pendant le
détartrage de ce caniche de 10 ans, l'hypermobilité des arcades incisives est très nette, en particulier à la mandibule.
La propriétaire l'a signalé et cette hypermobilité ne l'encourage pas au brossage.
Il s'agit d'une hypermobilité de classe 2, aggravée au fait que ce chien
présente une malocclusion (occlusion de classe II, rétrognathie maxillaire).
Après détartrage soigné, polissage des couronnes et curetage en douceur des parties radiculaires dénudées en évitant le saignement, il sera entrepris une contention extemporanée collée de
l'arcade incisive mandibulaire pour retarder la chute de ces incisives et permettre une prophylaxie correcte par les propriétaires.
Une digue est placée (usage détourné d'un gant chirurgical ). Les dents sont mordancées sur leur face linguale et interproximale à l'acide orthophosphorique,
rincées et séchées. Une couche d'adhésif est appliquée au pinceau sur toutes les surfaces coronaires linguales et interproximales puis polymérisation 20 secondes. Une goutte de composite
Biosplint Flow est déposée sur la 33, puis la bandelette est placée et polymérisée. L'application de la bandelette et de composite se poursuit de dent à dent jusqu' à la 43. La bandelette
est ensuite recouverte de composite.
Les débordements de composite au-delà du cingulum sont éliminés avec une fraise diamentée fine.
Début de formation du cal à 3 semaines.
Vieux cocker de 9 ans affecté par une rhinite unilatérale droite. Compte tenu de l'état de la bouche, une thérapeutique initiale est
entreprise avant tout traitement et avant la mise en oeuvre de clichés radiologiques ou d'exploration des cavités nasales (endoscopie). Pendant le détartrage la PM3 maxillaire apparaît très
mobile et la PM2 présente une furcation de classe 3 (voir vidéos). Ces deux dents sont extraites.
Furcations
Vidéo envoyée par orthovet
Mobilité
Vidéo envoyée par orthovet
La PM2 après son extraction.
La PM3
présentait une racine distale lysée sur la moitié de sa longueur.
Après extraction (facile) de PM3 un saignement nasal traduit une fistule ou une communication oronasale à hauteur de cette prémolaire.
Les radios, avec et sans sonde en place, laissent supposer un trajet fistuleux.
La sonde est dans le site d'exploration de
PM2, les flèches oranges visualisent un trajet radio-transparent dans la zone de projection de la racine distale (lysée) de PM3.
Une exploration méticuleuse du trajet des racines de PM3 permet de retirer un épillet de graminée dont l'extrémité dépassait dans la cavité nasale.
"Lorsqu'une intervention à lambeau est indiquée lors du traitement d'une parodontite ou d'une intervention de chirurgie moco-gingivale, l'incision et la suture constituent le premier et le dernier temps de l'acte opératoire et déterminent la plupart du temps la réussite ou l'échec de l'intervention. De ces deux phases, la seconde, les sutures, liées très largement à la première, les incisions, dépendent en effet les objectifs thérapeutiques de l'élévation d'un lambeau tant en chirurgie parodontale qu'en chirurgie muco-gingivale ." Alain Daniel
CAS CLINIQUES
Ils concernent essentiellement des cas de chirurgie muco gingivale visant à corriger des recessions gingivales accompagnées de lésions induites de la muqueuse
labiale : le plus souvent des ulcères.
" La récession parodontale ou dénudation radiculaire est définie comme le déplacement de la gencive marginale
apicalement à la jonction amélo-cémentaire (American Academy of Periodontlogy, 1992).
Pour Guinard les recessions gingivales ou dénudations radiculaires (ou retraits gingivaux) sont caractérisées par une dénudation partielle de la surface radiculaire par migration apicale de la
gencive et bien sûr du desmodonte et de l'os alvéolaire.
La classification la plus simple des récessions est celle de Benque (1983) qui les scinde en trois catégories U,V et I en fonction de leur
forme.
Sullivan et Atkins (1968) ont présenté quatre classes de récessions gingivales :
- large et longue
- large et courte
- étroite et longue
- étroite et courte
La classification de Miller (1985) est plus large et plus détaillée pour permettre d'établir le pronostic d'un recouvrement de la récession
gingivale par la chirurgie muco-gingivale :
- classe I : récessions gingivales larges ou étroites n'atteigant pas la jonction muco-gingivale, 100% de recouvrement sont possibles
- classe II : récessions gingivales larges ou étroites atteigant ou dépassant la jonction muco-gingivale, sans perte des tissus parodontaux interproximaux, 100% de recouvrement sont
possibles.
- classe III : récessions gingivales atteignant ou dépassant la jonction muco-gingivale, avec perte des tissus partodontaux interproximaux, ou avec malposition, le recouvrement ne sera que
partiel.
- Classe IV : récessions gingivales atteignant la joncton muco-gingivale, avec perte des tissus parodontaux interproximaux, et avec malpositions, le pronostic de recouvrement est mauvais".
D'aprés J.M Dersot.
Nous envisagerons parmi les techniques destinées au recouvrement les lambeaux déplacés latéralement et les lambeaux déplacés verticalement.Le but de ces
lambeaux n'est nullement esthétique mais il vise à contribuer à la cicatrisation et la guérison des ulcères de calque par interposition d'une muqueuse saine.
1) Lambeau de translation verticale (technique de Tarnov) :
- l'indication : les récessions gingivales en regard de la canine par exemple (avec hauteur de gencice attachée suffisante: petite flêche
bleue) associée ou non à des ulcères de "calque" (visible ici sous la lèvre en regard de la récession: flêche noire)
- les différentes techniques:
le lambeau
pédiculé de translation verticale
Sur ce schéma le résumé d'une des techniques : au dessus de la récession une incision semi lunaire est réalisée en pleine épaisseur en préservant un pedicule mésial et distal. Le lambeau est
soulevé à l'élévateur périosté ou au ciseau d'Oshenbein N°1 (et non au bistouri !) puis le lambeau est positionné plus coronairement. Le site receveur est détartré, poli, et lègèrement moradancé
:
- c'est la préparation radiculaire chimique ; les surfaces radiculaires exposées par la maladie parodontale, en contact avec le milieu buccal, la
plaque bactérienne et le contenu de la poche constituent un obstacle au réattachement ou à l'adhésion de la gencive en raison de la présence de bactéries et d'endotoxines. Le surfacage diminue la
charge bactérienne et sans doutes favorise l'accélération du "réattachement" de la gencive sur la dent (JP Houhayoun).
Différents produits de surfaçage ont fait l'objet d'études sur l'animal : EDTA 15 %, acide citrique, acide acétique à 5 %... ces substances pourraient favoriser l'adhésion:
- en décontaminant la surface radiculaire
- en accélérant la cémentogénèse
- en élargissant les tubuli dentinaires comme pour une préparation dentinaire
- en favorisant l'adhésion cellulaire
L'incision semi lunaire avant la dissection et le positionnement du lambeau.
Le lambeau est ensuite maintenu en place par des sutures suivant plusieurs modalités possibles :
- Un seul point en U au vicryl qui embrasse la dent en lingual, noué en vestibulaire; pour éviter la dehiscence les chefs libres sont collés à la couronne.
2° exemple
Ici un échec : la gencive est revenue vers le site donneur en raison de la force de traction exercée lors de la cicatrisation, la récession est à nouveau
visible (on se retrouve dans la situation de départ avec un amandement lésionnel notable). On note que la gencive garde un aspect non inflammatoire et que l'ulcère de calque situé au dessus est
en voie de cicatrisation.
Ici un bon résultat : la gencive repositionnée reste en place avec une "pseudo attache solide". On est à 3 semaines aprés la chirurgie, le site donneur n'est pas
totalement épithélialisé. L'ulcère est en voie de cicatrisation. La structure histologique de cette attache (et de la nouvelle jonction gingivo-dentaire) n'a pas été étudiée .
- Epithélium jonctionnel long ou attachement conjonctif ?
- Y a t'il eu ou non une migration coronaire de l'attache ?
Autre résultat correct sur un cocker : le site donneur est en voie de s'épithélialiser complètement. Pseudo attache suffisante. Le saignement marginal résulte
du détartrage coronaire au collet.
Cas clinique en cours :
Cocker adulte présentant un trés bel ulcère de calque lié à la recession gingivale sur la 24. Présence de tartre et d'une poche vestibualire de 2,5 mm (sonde
Periprobe , PeriWin). La canine est trés usée sur sa face distale (souvent le résultat de mauvaises habitudes : usure contre du grillage de clotûre par exemple). Le site receveur est détartré,
poli et mordancé avec un etching dentinaire.
La technique retenue est un
lambeau de translation verticale avec suture en "U"
Cette canine maxillaire droite de Basset Hound
présente une trés belle récession allant au dela de la ligne muco gingivale.
Aprés détartrage la surface radiculaire est polie à la fraîse diabolo puis légèrement mordancée (liquide de mordançage
dentinaire) avant la réalisation du lambeau de translation latérale (technique décrite par Grupe et
Warren).
L'incision de décharge en pleine épaisseur se situe distalement par rapport à la PM1, elle s'étend au-delà de la jonction muco gingivale. L'élévation du
lambeau mucopériosté se poursuit avec le décolleur périosté de Molt. Une incision périostée au bistouri permet une extension plus grande du volet de recouvrement. Avant de suturer nous
interposons un greffon conjonctif prélevé au niveau du palais; greffon désépithélialisé avant d'etre enfoui. Sutures à points
simples, matelassiers, au vicryl, aiguille ronde. Le site donneur est laissé tel quel en vue d'une épithélialisation spontanée.
3) Lambeau tracté coronairement :
(Sur les conseils de notre confrère Noahaxeltiger)> Date: Sam 12 avril 2008 22:46:46 sur le forum Eugénol.
Caniche de 10 ans avec parodontite généralisée. A hauteur des canines un classique ulcère de calque est nettement visible. Recession gingivale au niveau de la
canine, poche peu profonde (2mm) et hauteur de gencive attachée suffisante. Il est entrepris un lambeau tracté coronairement.
Aprés détartrage soigné l'espace sous
gingival est doucement débridé et décontaminé au laser (Biodent Micro 980 Hoya Conbio) sous irrigation abondante (ici réalisée par l'aspersion
du Cocoon Spray Satelec ). La surface radiculaire est traitée à l' EDTA avant la chirurgie.
Aprés les deux incisions de
décharge et le débridement périosté (par incision horizontale) le lambeau peut etre étiré facilement et suturé par points matelassier. Le vicryl utilisé ici est de gros diamètre pour
éviter le cisaillement.
Ce cocker de 4 ans qui présente une gingivite hypertrophique vient d'etre détartré. Les pseudopoches mesurées (sonde Periprobe electronique;Logiciel
Periwin) en face vestibulaire des canines et des prémolaires montrent une profondeur moyenne de 5 mm, un second sondage à la sonde parodontale manuelle confirme ces mesures. Aprés
détartrage (photo ci- dessous) une gingivectomie à biseau externe est entreprise (Servotome, voir en fin d'article).
la sonde Periwin
La sonde parodontale classique
qui confirme la profondeur de 5 mm
Une anesthésie locale précède la gingivectomie
La gingivectomie à biseau externe au Servotome. L'insert est une boucle (loupe) de 3 mm de diametre. La tranche de coupe délimite une section à 45° par rapport au
grand axe de la dent.
Ci-dessus une vue du maxillaire coté droit juste aprés la gingivectomie. Le profil gingival est repris par une gingivoplastie à la fraise tonneau diamentée
(vidéo ci-dessous).
La gingivoplastie à la fraise diabolo diamentée pour "reprofiler" le bord gingival.Cette gingivoplastie se fait à vitesse réduite avec une forte
irrigation.
A la suite de la gingivoplastie les espaces sous gingivaux libérés sont détartrés soigneusement avant polissage de l'émail (cupule cahouthouc + pâte à polir
P.Roland) .
La prevention contre les récidives passe par une élimination réglière de la plaque:
-brossages
-lamelles à mâcher...
Concernant l'électrochirurgie utilisée en autre pour la gingivectomie:
vu sur le site Dentest.net:
"La naissance des appareils d’électrochirurgie et leur utilisation spécialisée dans les différents secteurs de la chirurgie générale découle pour l’essentiel d’une évolution des vieilles techniques de cautérisation (du grec kauterion : fer incandescent pour marquage à feu). Aujourd’hui encore, de façon erronée, de nombreux médecins adoptent le terme "thermocautère" ou "électrocautère" pour désigner des appareils destinés à la chirurgie HF, ignorant les profonde différences existant entre les deux. Le terme d’électrocautère désigne la version plus moderne, électrique, du thermocautère (inventé par C. Paquelin dans le 1875), qui utilise le filament résistif porté à incandescence par un courant électrique. Dans la cautérisation (c’est-à-dire la chirurgie à chaud), on enlève et on modifie le tissu en utilisant des instruments dotés de dispositifs incandescents qui en provoquent la brûlure. On produit par conséquent une brûlure locale du troisième degré, avec toutes les conséquences que cela peut avoir pour la blessure (irritations, difficultés de cicatrisation, destruction par carbonisation du tissu, rétraction tissulaire, etc.). La cautérisation n’a rien à voir avec la chirurgie haute fréquence (dite également radiochirurgie, électrochirurgie HF), car cette dernière est une technique "à froid" : le tissu est sectionné grâce à des oscillations haute fréquence (HF), d’amplitude appropriée. La chirurgie à chaud a survécu longtemps mais a été complètement supplantée par la chirurgie électrique. En fait, on a assisté à un développement remarquable des techniques chirurgicales HF quand on a compris que l’utilisation de fréquences non inférieures à 0,5 MHz ne causait aucune contraction musculaire chez le patient, ce qui permettait d’utiliser ces courants haute fréquence aussi bien comme moyen chirurgical, que comme moyen thérapeutique. C’est à J. A. D’Arsonval que revient l’honneur d’avoir établi en 1891 que l’application, chez des sujets humains, de courants électriques de fréquences supérieures à 10 KHz, réduisant sensiblement les causes de la stimulation neuromusculaire, pouvait être utilisée avec profit pour des buts chirurgicaux. Le premier appareil d’électrochirurgie de petite puissance (appliqué en dentisterie) fut mis au point aux États Unis quant à lui en 1969....
AVANTAGES Il est possible de travailler sans exercer aucune pression sur les tissus. L’accès de la cavité orale spécialement dans les zones postérieures et considérablement améliorée étant donné la maniabilité de la pièce à main .Les opération de remodalage de la gencive sont grandement facilitées .La pointe de l’électrode est à basse charge bactérienne et est maintenue ainsi pendant toute l’opération : par conséquent les risques de contamination bactérienne du site opératoire s’en trouvent diminués. Possibilités d’opérér dans des conditions d’hémorragie controlée ou absente.
INDICATIONS CLINIQUES EN DENTISTERIE
allongement de couronne clinique (pour motifs esthétiques ou pour carie du
collet) ;
sillon subgingival, pour esthétique et fonctionnalité de la prothèse fixe
désensibilisation de la dentine ;
stérilisation des canaux radiculaires : la stérilisation électrochirurgicale
est efficace et durable, comme le montrent de nombreuses recherches cliniques. Elle est particulièrement indiquée pour les dents atteintes de gangrène ;
arrêt d’hémorragies par coagulation ;
résection du frein réalisable avec rapidité et sans hémorragie ;
exposition de racines ;
destruction d’orifices fistuleux ;
rupture endocanalaire d’instruments ;
élimination
d’hypertrophies muqueuses ;
gingivoplastie : le remodelage gingival effectué. Par rapport au remodelage
effectué avec le bistouri traditionnel, on a les avantages suivants : absence d’hémorragie, visibilité parfaite du champ opératoire, possibilité d’effectuer des interventions minimales,
absence de douleurs postopératoires, application de compresses chirurgicales non nécessaire, réépithélisation post-opératoire rapide avec de très bons résultats esthétiques ;
extraction de dents incluses.
interventions en pédodontie et orthodontie : dents retenues, hypertrophies
gingivales, corrections du contour gingival ;
biopsie : on évite le danger de dissémination des cellules cancéreuses.
Permet simultanément l’enlèvement et l’envoi pour biopsie de petites lésions de la cavité orale ;
interventions sur poches gingivales ;
apicectomie ;
créations de sillons subgingivaux pour des raisons esthético-fonctionnelles liées
à la prothèse.
UTILISATION de la pièce à main porte électrode .Utiliser un appui ; .effectuer des mouvements courts et réguliers ; .positionner l’électrode active
perpendiculairement à la surface du tissu ; opérer sans pression ; .ne jamais s’arrêter sur le même point."
Bibliographie : Waxman, H.N. - THE ELECTRONIC SCALPEL - Worcester Med. News Oringer, M. J. - ELECTROSURGERY IN DENTISTRY - Philadelphia, W. B. Sanders Co Schon F. - L’ELETTROCHIRURGIA IN ODONTOIATRIA - Calciati R. - ATLANTE DI ELETTROCHIRURGIA DENTALE - Mortara, C.I.ET.OU Résumé synthétique de la documentation du fabricant Liarre.
Fabricant d’apareil d’électrochirgie dentaire : http://www.liarre.com pour le sytème HFS 45, HFS 50, HFS 95 et HFS 100, http://www.berchtold.de/e_70d_f.htm
pour le système ELEKTROTOM® 70 D http://www.xofrance.com/ pour le système Odontosurge.
Ensemble Servoscope servotome
Servotome nouvelle génération
Générateur de courant de haute-fréquence, le Servotome émet un courant redressé
et filtré qui vous fait profiter des meilleures performances des générateurs
radiofréquences : l’électrosection permet une coupe douce, sans effets secondaires,
et une cicatrisation d’excellente qualité. En mode coagulation, un courant de basse
puissance est appliqué au site chirurgical, générant un effet thermique pénétrant et
contrôlé selon l’hémostase désirée, sans affecter les tissus sous-jacents.
- incision
- stripping et gingivoplasties
- coagulation
Tendance actuelle :
Le laser.