stomatologie vétérinaire

pré op 

Les fentes palatines sont une non jonction des deux hémi-palais osseux et tissulaires. Elles peuvent intéresser l'intégralité du palais dur et/ou du palais mou ou partiellement chacun d'eux. Les fentes palatines se rencontrent majoritairement chez le chiot ou le chaton nouveau-né (fente palatine d'origine congénitale) mais elles peuvent aussi apparaitre lors d'un trauma facial chez un individu adulte. Les conséquences principales sont une difficulté pour s'alimenter et un passage des fluides buccaux et du bol alimentaire dans les voies aériennes supérieures provoquant éternuements, sinusite purulente, etc. intub[1]

 

Ce chiot de race Shi Tsu de 1.5 mois et pesant 410g au moment de la chirurgie illustre un cas de fente palatine congénitale intéressant l'ensemble du palais dur ainsi que du palais mou. Le chiot est dans l'incapacité de téter et sa propriétaire le sonder pour le nourrir. La wardill1[1]chirurgie correctrice est décidée.

 

 

 

 

La technique employée est inspirée de la technique de Veau-Wardill-Kilner utilisé en     chirurgie humaine.

 

 

Cette technique consiste, dans un premier temps, à raviver les marges mésiales de chaque hémi-palais tissulaire ainsi que d'insister le tissu palatin le long des arcades dentaires maxillaires jusqu'aux arcs palatoglossiques. Chez ce chiot, la contrainte principale de cette chirurgie a été la place disponible dans la cavité buccale pour réaliser le travail.

 

La seconde étape permet de décoller délicatement en épargnant les principaux faisceaux vasculaires (les artères palatines majeures et mineures de chaque côté) les deux lambeaux de tissus palatins.

 

post opLa dernière étape consiste à réunir ces lambeaux à l'aide de points simples afin de recréer une séparation physique entre les cavités nasales et la cavité buccale.

 

 En post opératoire immédiat, le chiot a présenté de nombreux éternuements avec des expectorations sanguinolentes consécutives à la chirurgie. Dans les premières 24h, le chiot a mangé sans problème des croquettes humides. Durant les 15 jours suivant la chirurgie, les éternuements ont progressivement régressé jusqu'à être quasi inexistant. Le chiot a augmenté sa masse corporelle de 50% en 15jours passant de 410g à 650g.

 

Au contrôle des 15jours, le chiot est en bon état général, présente quelques écoulements séreux au niveau des narines. L'observation du site chirurgicale révèle une cicatrisation à 80% du palais dur par contre les points réalisés au niveau du palais mou n'ont pas tenu. Il est convenu avec la propriétaire de prévoir une réintervention dans quelques mois sachant que le chiot se porte bien et tolère sans problème sévère l'absence de cicatrisation du palais mou.

Un Westie de 10 ans a déjà présenté une tuméfaction chaude au niveau  parotidien ; après un diagnostic sommaire "d'abcès" un premier traitement antibiotique a permis d'observer une récupération rapide de l'animal et une diminution de  rapide de la masse. Deux mois après on assiste à une rechute . La masse est peu douloureuse mais aussi volumineuse .Une ponction à l'aiguille fine montre de très nombreux polynucléaires neutrophiles et des images de phagocytose de germes . Le diagnostic d'abcédation est confirmé mais comme la région sous parotidienne est complexe il est encore difficile de préciser s'il s'agit d'un ganglion purulent en son centre ou d'une infection de la glande salivaire.

L'animal devant être détartré ce détartrage est entrepris : voir la vidéo 1 et la video 2

Il reste à déterminer l'origine de l'abcédation : corps étranger , contamination rétrograde, pathologie apicale de M1 ou M2...

 

 

 

  1° cas clinique

 

 

 

implantation-531.jpg

Un chien berger de grande taille agé de 15 mois présente une agénésie de la 4° prémolaire mandibulaire gauche. Dans un soucis esthétique les propriétaires souhaitent la pose d'une couronne céramo-métallique sur implant.

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Sur ce cliché le diastème constitué par l'absence de la prémolaire en avant de la carnassière est facilement reconnaissable (flèche bleue). On peut déjà remarquer la présence de tartre sur la carnassière supérieure (partie mésiale).

 

 

 

 

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implanto2.jpg

 

 

 

 

 Les radios (RVG Julie) montrent une hauteur d'os suffisante (>13 mm, photo de gauche) et une épaisseur mandibulaire correcte (>7mm en en linguo-vestibulaire).La qualité de l'os semble correct en densité.

 

 

 

 


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Le choix de l'implant se porte sur un implant universel TEKKA : In -Kone Universal de diamètre 3,5 mm et de longueur 8,5 mm.Il s'agit d'un implant cylindro conique avec profondeur de filetage croissant. Ler filetage cervical est dit "Twinthread" avec dédoublement pour une meilleure répartition des contraintes et une préservation de l'os cortical.La pointe est constituée par une triple ailette autotaraudante.

 

Les étapes chirurgicales ainsi que  les phases de forage et d'implantation ont été conduite sous les directives du Dr H.P FABAS , stomatologiste.

 

 

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Dissection de la crête gingivale à l'élévateur de Molt.

Séquences de forage: foret pilote pointeur de 2mm,foret étagé de 3mm (1000 tours/mn) puis foret terminal de 3,5 mm(100 tours/mn).

Préhension de l'implant avec la clé porte-implant contre-angle ou manuelle

Vissage en bouche, couple maximum d'insertion : 70 N.cm - 15tr/min

 

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Mise en place de la vis de couverture avec la clé porte-implant manuelle. Serrage manuel (10 N.cm maximum)

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Radio de contrôle post-op.05.JPG

Après 3 mois d'osteo-intégration :aspect tuméfié de la muqueuse traduisant une légère surinfection sur le site attribué à une mauvaise résorption des sutures résorbables  (vicryl tressé qui ne constituait pas le bon choix : le Pds monofil aurait été préférable).

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Anesthésie locale a l'articaïne adrénalinée en vue d'une réouverture du site d'implantation : incision crestale à la lame de 11.

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Positionnement du transfert d'implant dont une face est plane pour faciliter son repérage dans l'empreinte.

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Prise d'empreint classique au silicone : double empreinte (lourd+leger)

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 le positionnement du transfert (en bas à droite l'analogue d'implant)

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positionnement du transfert coiffé de l'analogue

32.JPGUne vis de couverture (avec hauteur de muqueuse 1.5 mm) est placée . Pas de sutures sur la muqueuse.

vis-insertion.jpg15 jours aprés la mise en place de la vis de cicatrisation la muqueuse semble correcte (l'indication 1,5 sur la vis signifie qu'elle ménage une hauteur de muqueuse de 1,5 mm.

transfert2-copie-1.JPGUne vue du platre avec le transfert (Pop-up) en place sur l'analogue d'implant.

transfert-X.jpg

 

Une autre vue du platre avec positionnement d'un pilier droit vissé en lieu et place du transfert :le faux moignon est un pilier droit indexé de diametre 5 mm ,hauteur de muqueuse 1,5 mm

 

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Essayage et vissage du faux moignon droit.

Collage de la couronne céramo métallique qui s'adapte bien mais qui ne nous satisfait pas esthétiquement en raison du hiatus muqueux au collet mésial . Il faut espérer une légère hypertrophie gingivale mésiale avec le temps pour combler le manque de hauteur muqueuse (peut être aussi lié à une chape métallique trop volumineuse.


 

 

 

 


2° cas clinique 

L'incisive (11) de ce jeune Snauzer a été fracturée accidentellement
ne laissant dépasser qu'une moitié coronaire.
Après pulpectomie et obturation (Zoe) une
reconstitution en céramique est envisagée.
 


decembre-09 6048
PICT0034Une première empreinte est prise avant la mise de dépouille pour réaliser une provisoire en résine (la 22 et la 23 ont été cassées sur le moulage par la suite).


decembre-09 6073Aprés la taille du moignon (à la suite de la pulpectomie et traitement endocanalaire) empreinte unitaire en technique de la double empreinte .

PICT0045
Aprés préparation du canal,  un calcinable est placé avant une nouvelle empreinte.

PICT0033
decembre-09 6074              Pose d'une provisoire en résine

PICT0033A partir de cette empreinte,  l'inlay core et la couronne céramique définitive sont élaborés
PICT0046                 Couronne céramique
PICT0047            L'inlay core
PICT0048              Les deux éléments
schnauzer 2

                                                              La couronne scellée (Fuji )

 

 

 

 

Deux mois aprés le scellement, chute de la couronne : voir cliché ci-dessous

 

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La radio montre une égression du fragment radiculaire résiduel (la fleche bleue représente la différence de hauteur de l'apex des deux incisives centrales 11 et 21) . L'extraction du séquestre radiculaire est décidée. Le site alvéolaire est inflammatoire et légèrement exsudatif autour du fragment. L'avulsion est aisée.

garidel groupé

 

Sur ces deux clichés pris aprés l'obturation (à gauche) et aprés la dépose de la provisoire (à droite) on remarque déja, outre le granulome apical, un début  d'égression radiculaire. La perte de l'inlay était prévisible !

 

 

garidel-2.jpggaridel-3.jpg

 

Une  radio de contrôle permet de s'assurer de la qualité de l'avulsion. Dans l'optique d'une possible mise en place d'implant,  la cavité alvéolaire est remplie de substitut osseux macroporeux  type Bio actis granules (photo de droite) : ce substitut macroporeux contient de l'hydroxyapatite et du phospahte tricalcique beta. La dissolution du phosphate tricalcique libère des ions calcium et phosphate qui intergissent en précipitant  en hydroxyapatite similaire à l'os naturel.

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Aprés 3 mois la cicatrisation semble radiologiquement correcte et l'hydroxyapatite a rempli correctement le déficit osseux.La pose d'un mini implant est décidée.

 

orimplant-1.gif

                                                            Le mini implant "or-implant"

orimplant-2.gif


Contrairement aux implants de taille "classique", les mini implants jouent de la nature visco-élastique du tissu osseux, ceci à la manière des vis de fixation orthopédiques. Le protocole chirurgical des Minis implants ne requiert pas d'ostéotomie sur toute la longueur du foret, mais juste un forage de la corticale, ou d'un tiers environ de la longueur filetée de l'implant. L'implant est capable de forer son chemin dans l'os alvéolaire, avec aisance et efficacité.
Son filetage particulier permet un contact intime entre l'os et la surface de l'implant, assurant une stabilité primaire permettant une mise en charge immédiate, avec succès.
Le MDL est profilé pour résister à un couple de torsion élevée. Son point de fracture est à 86 Ncm.


Tissus mous et Interface Prothétique:
  • COL POLI MIROIR
  • L'implant MDL a été conçu avec un col lisse, afin d'optimiser la réponse des tissus mous à ce niveau. Tous les instruments Drive-Lock s'engagent sur la tête sphérique de l'implant avec précision. Le pilier lui, s'engage intimement sur le chanfrein situé au sommet du col.
    Ce chanfrein indique le niveau correct de placement de l'implant. Deux options prothétiques sont offertes avec les MDL : overdentures, avec les Orings (joints toriques dans leurs capsules métalliques), qui sont capturés dans la prothèse amovible existante ; ou prothèse fixée transitoire, avec les piliers scellés sur les têtes d'implants.
    Le pilier fonctionne aussi comme transfert et peut être fraisé au laboratoire pour établir le parallélisme.

 

 

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Aprés 3 mois un implant "Or-Implant" est placé dans le diastème résiduel.

 

La muqueuse est décollée en vestibulaire" et lingual à l'élévateur décolleur de Molt après une incision crestale à la lame de 11.L'implant Or -Implant est un Implant de 10 mm avec un diamètre de 2,5 mm .Il est mis en place après forage à 1 mm , puis vissage manuel et blocage à la clé dynamométrique.La muqueuse est suturée en vestibulo lingual avec un point unique au résorbable.

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Un attachement femelle muni d'un "O-Ring" est clippé sur la tête de l'implant (partie mâle)

jusqu'à totale insertion.Il tourne facilement sur la tête de l'implant et joue le rôle d'une vis de cicatrisation ou vis de couverture (hauteur 2 mm environ).

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Aprés 12 semaines d'osteointégration (temps trop court !) une radio de contrôle ne montre pas trop de signes de non intégration.

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Le "O Ring " est bien toléré par la muqueuse gingivale

 

 

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Le "O Ring" faisant office de vis de cicatrisation esr retiré.

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                            Positionnement du transfert de laboratoire avec un méplat d'orientation et des rainures de rétention.

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Vue agrandie du transfert de laboratoire .

 

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Prise d'empreinte en technique de double empreinte et expédition au laboratoire avec avec l'analogue de laboratoire.

 

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L'implant "or implant" avec de gauche à droite , l'O Ring , le pilier , le transfert de laboratoire.

 


garidel-82.JPGCi dessus l'unitaire avec l'analogue d'implant en place.


A réception de la couronne céramo-métallique (Inlay-onlay) celle ci est placée aprés retrait du capuchon constitué par le "O ring".

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La couronne en place.

 

 

 

3° cas clinique 

 

  Chien de 2 ans ayant accidentellement perdu la 23. Aprés 6 mois de cicatrisation il est décidé de placer un implant .

 

agenesie.JPG

 

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La chirurgie d'abord est classique ; la contention des lambeaux d'accés est assuré par un assistan muni de pinces a préhension mousse et d'une griffe sur manche souple.L'implant est vissé avec les mêmes séquences que le cas précédent:

Dissection de la crête gingivale à l'élévateur de Molt.

Séquences de forage: foret pilote pointeur de 2mm,foret étagé de 3mm (1000 tours/mn) puis foret terminal de 3,5 mm(100 tours/mn).

Préhension de l'implant avec la clé porte-implant contre-angle ou manuelle

Vissage en bouche, couple maximum d'insertion : 70 N.cm - 15tr/min

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Une vue de la trousse  Tekka utilisée.

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Les deux systèmes de préhension des volets du lambeau d'accés

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De bas en haut: fraise boule pour la prépararion du site osseux,foret pilote pointeur de 2 mm, foret étagé de 3 mm, foret terminal de 3 mm.

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Une vue rapprochée du foret terminal avec les deux repères à 8,5 et 11,5 mm.

clef

En haut le tounevis servant à la préhension  et au vissage de l'implant.Dessous la clef dynamometrique pour le serrage définitif.

vis-couvert.JPG

La vis de couverture de couverture est placée dans l'intrados de l'implant

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Le lambeau est refermé avec deux points résorbables (polysorb 2-0)

 

 

 

4° cas clinique avant vis couvertureL'implant est ostéointégré depuis 4 mois sur ce beauceron qui a perdu ses deux PM3 maxillaires (ici la droite ,27).Aprés incision de la crète gingivale la vis de couverture est exposée.

transfert implant

Une vue de l'insertion du tranfert d'implant Pop Up vis longue avant l'empreinte.

 

vis de couverture

Pose de la vis de cicatrisation .La 17 est absente sur l'autre arcade. Elle sera également implantée

premol ceraUne vue de la couronne céramique sur la 17 (symétrique de la 27) scellée sur le faux moignon in kone universel tekka DFMLDVC15H3 droit.







Sur un chien berger blanc  de un an et demi, la canine maxillaire gauche est incluse  (voir cliché "julie" ci-dessous : la cuspide de la canine est indiquée par la pointe de la flêche "c").  Il a été entrepris de désinclure la canine qui est est totalement invisible dans la bouche du fait de sa position quasi horizontale sous la muqueuse .




La flèche jaune (i) indique la position de l'incisive latérale (sa racine), la flèche bleue (c) montre la pointe de la canine incluse.


 
La première étape a consisté à cautériser la muqueuse gingivale au servotome en direction de la cuspide. La pointe de la canine apparaît après une cautérisation de 2 mm de profondeur juste en avant de la première prémolaire (voir cliché ci-dessous). Après avoir dégagé la pointe, une légère cautérisation à l'aiguille fine dégage la périphérie de la cuspide sur 1 mm  de profondeur environ en direction de l'apex.




Un braquet à crochet  (cleat lingual  30-000-02 GAC) est collé  (ortho fuji LC) sur la face vestibulaire de la cuspide de la canine (préalablement mordancée à l'ac. orthophosphorique)


Une vis orthodontique  cruciforme d'ancrage de 7 mm (tomas) est positionnée perpendiculairement au palais au raz de la crête gingivale (vissage au contre angle puis manuel). La chaînette (AO) est tendue entre le braquet et la gorge de la tête de vis. La direction de tension de chaînette n'est pas idéale mais compte tenu de l'inclusion en position légèrement vestibulée de la canine, le fait de tracter rostralement et légèrement vers la palais pourrait permettre l'amorçage d'une égression vers le site physiologique de la dent.

Aprés 3 semaines le chien est revu : la cuspide n'a pas "bougé" d'un mm ! . Plusieurs radios de contrôle permettent de mieux cerner la forme de la canine incluse ; celle ci apparaît nettement dysplasique avec une forme en triangle isocèle dont un bord présente un renflement très rétentif dans l'os alvéolaire....


Aprés deux mois de traction l'egression est nulle. Une fenêtre fistulaire  appparait 5 mm
au-dessus du collage de braquet. L'avulsion de la dent est décidée, elle durera 1h 30.


Après incision de décharge en face de PM1, un lambeau est récliné caudo-dorsalement, l'os alvéolaire s'effrite facilement et laisse apparaitre une portion cuspidaire de la canine de couleur marron clair. Cette cuspide se détache rapidement du reste de la dent dès le travail  du syndesmotome, elle est fissurée dans sa longueur et friable, elle ne contient pas de pulpe. Le reste de la dent est trés difficile à extirper de par sa forme dysplasique et massive se terminant en massue. Il n'y a pas de pulpe dans le reste de la dent qui parait être constituée d'un bloc amélo dentinaire.

Sutures du lambeau et antibiothérapie.







 




Certaines  tumeurs buccales ne peuvent être traitées par avulsion large (maxillectomie, mandibulectomie) soit en raison du refus du propriétaire, soit en raison de leur accessibilité. D'autres, sont faiblement radiosensibles. Ces raisons nous ont amené à envisager la mise en place de dispositifs à relargage d'agents chimiothérapiques sur les sites opératoires d'exérèse chirurgicale des masses tumorales.




Le matériau que nous utilisons est  l'os déspécifié bovin (photo ci-dessus) qui se présente sous la forme de blocs rectangulaires de 3cmX1,5cmX0,5cm, emballés sous blister stérile. Ce substitut bioartificiel est composé d'os spongieux déspécifié constituant une  trame poreuse intéressante pour ses propriétés absorbantes dans un premier temps et de substitut de greffe d'os dans un un second temps (xenogreffe).

cube-schema.jpg

L'agent le plus souvent utilisé dans les essais thérapeutiques fut l'adriblastine (doxorubicine présentation lyophylisée en 10 mg ), et plus rarement le cisplatine  (présentation lyophylisée en 10 mg),
Aprés exérèse de la masse tumorale, un cube d'os déspécifié du volume le plus adapté à la cavité d'exérèse, est introduit en force dans la cavité pour obtenir le maximum de stabilité du greffon. L'agent chimiothérapique est appliqué à la seringue par absorption sur la trame poreuse.

Les tumeurs les plus fréquemment traitées furent les fibro sarcomes.  Elles représentent sur une période de 3 ans la majorité des tumeurs maxillaires rencontrées (mélanomes et carcinomes viennent en 2° et 3° position en terme de fréquence).

L'étude rétrospective de Rechiqua (European congress of vet. Dentistry 2008) montre que sur 152 analyses de néoplasies de la cavité orale, 51 sont malignes. Parmi ces tumeurs malignes, les fibrosarcomes représentent 35 % des cas,les mélanomes 51 %, et les carcinomes 10 %. Si l'on s'intéresse uniquement aux tumeurs du maxillaire et des tissus durs les fibrosarcomes prédominent.

C'est cette dernière catégorie de tumeur qui  a été l'objet d'essais thérapeutiques par mise en place d'implants poreux relargant l'agent chimiothérapique.




Cas clinique N°1 :  fibrosarcome sous alvéolaire sur  un setter gordon (né en 1995)


Présentant une déformation unilatérale en partie rostrale du maxillaire droit. L'alvéole de la canine droite parait "soulevée". Elle est douloureuse à la pression. La sonde parodontale pénètre sur plus d'un cm en mésio-lingual.


 

 

Un lambeau pour alvéolotomie (distal par rapport à la canine) permet de découvrir une lésion tumorale sous la canine, dans la partie interne de l'alvéole et se prolongeant apicalement. L'examen anatomopathologique  a montré l'existence d'un fibro sarcome trés invasif.

 


Sur cette image (aprés retrait de la canine)  la tumeur blanchâtre est visible sur le plancher de l'alvéole : son développement s'est fait également en direction apicale avec effondrement de l'os en regard des cavités nasales et pénétration d'une partie de la néoplasie dans ces cavités.

La portion de tumeur retirée des cavités nasales.

 

 

Le site opératoire aprés exérèse des masses tumorales. Les cornets nasaux sont visibles en fond de cavité.

Le lambeau de recouvrement suturé à points séparés en fin d'intervention.



La récidive locale visible sur la photo ci-dessous (prévisible dans la mesure où une maxillectomie  n'a pas été pratiquée la première fois) a nécessité une seconde intervention  14 mois aprés avec nouvelle résection de la tumeur et mise en place d'agents antimitotiques in situ.

 

 

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Après résection tumorale un cube d'os déspécifié est retaillé aux dimentions de la cavité, il est introduit dans la cavité d'exérèse et imbibé d'adriblastine : la dilution utilisée permet d'absorber 5 mg sous un volume de 1 ml.

D'une façon générale, les volumes utilisés oscillent entre 0,5 ml (2,5 mg) et 1 ml (5 mg) en fonction de la taille de l'implant.

Antibiothérapie classique et meloxicam.


 

 

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La tolérance locale a été excellente. Pas de nécrose des tissus environnants.

 

 

Suivi :   3 ans après la première intervention, et 20 mois aprés la pose du greffon (le cube d'os implanté n'a pas été retiré).


vue-de-raymon.jpg


Une tuméfaction "osseuse " trés dure, indolore est visible sur le cliché. La masse indurée est nettement en position dorsale externe (sur le chanfrein).

 


raymon-2-ans.jpg

La gencive, le palais, et les tissus mous adjacents semblent épargnés, par contre l'induration osseuse est visible lorsque l'on soulève la babine.



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Radio (RVG ) à 3 ans, soit 20 mois après la xenogreffe  (voir cliché ci-dessus), confirme l'expansion "osseuse" du processus néoplasique avec cette image en "buisson" caractéristique des sarcomes.

Sur le plan fonctionnel le chien n'a aucun problème. La tuméfaction est indolore. La rémission (partielle) est de 3 ans .



Réintervention en janvier 2009 soit 25 mois après la 1° xenogreffe : la masse quoique indolore a augmenté de volume (de la taille d'une petite orange), elle est très dure et la  décision d'une nouvelle exérèse est prise.


Un nouveau cube d'os déspécifié est mis en place aprés l'ablation de la tumeur avec comme agent chimiothérapique du cisplatyl : 3 mg de cisplatyl sont solubilisés avec 0,8 ml d'eau distillée et adsorbés sur l'implant placé au centre de la cavité chirurgicale. Sutures musculaires au vicryl pour stabiliser le cube et cutanées au flexocrin.



Une vue de la masse (7X5X4) aprés exérèse.
3 semaines aprés la dernière intervention (photo transmise par le propriétaire : vue extèrieure du museau)
(photo transmise par le propriétaire :vue intérieure sous la babine)

 


 

DSC00215DSC00216

Le meme chien 4 ans aprés la première intervention; la lésion est stable par rapport au cliché ci dessus pris un an avant.


 

Cas clinique N° 2 : pointer de 8 ans. Opéré en 2004 pour un sarcome à cellules  étoilées


Réopéré "classiquement" en 2006 pour récidive locale (soit deux aprés). Exérèse simple  mais large aprés lambeau d'accés.

Nouvelle récidive en 2007, soit un an après la seconde intervention. Nouvelle chirurgie après lambeau d'accés large et mise en place d'un cube d'os déspécifié avec adsorption de 5mg d'adriblastine pour un volume de 1 ml.




La suture du lambeau à points séparés.
Antibiothérapie, meloxicam.
La tolérance locale a été moyenne avec une inflammation sévère pendant 10 jours . Pas de nécrose.

Suivi :
Décembre 2008  : aucune récidive locale  19 mois après la mise en place du greffon qui a été laissé. Pas de tuméfaction locale . La rémission est actuellement complète.

Ci dessus cliché aimablement transmis par le propriétaire (dec.2008)



Cas clinique N° 3  : cocker anglais femelle de 9 ans


Référé en avril 2007 pour une récidive de tumeur centrée sur la canine supérieure gauche (fibro sarcome). La première intervention remonte à un an .


Exérèse large aprés lambeau muco périosté, et mise en place d'un cube d'os déspécifié avec adsorption de 1mg d'adriblastine (volume 1 ml).
Antibiothérapie (spiramycine).



Une vue de la cicatrisation à 15 jours (déhiscence de 3 points). La tolérance à moyen terme a été moyenne et le cube a été retiré deux mois après l'intervention en raison de passage de CE (herbe) dans les zones de lâchage des sutures. Après retrait de l'implant cicatrisation satisfaisante.

Suivi :

Decembre 2008 : soit 19 mois aprés la pose de l'implant osseux et 17 mois aprés sa dépose, pas de récidive.  Résultat fonctionnel excellent. Pas de tuméfaction sur le site opératoire.



Cas clinique N° 4  : lévrier male de 9 ans

Opéré pour un  fibrosarcome maxillaire . La tumeur est centrée sur la canine maxillaire droite .La masse a la taille d'un oeuf environ. 

savy-ima1.jpg

 

savy-ima2.jpg                                                                     post op. immédiat


  A un mois (post opératoire) l'emplacement de la canine reste trés inflammatoire  , le palais est trés bombé traduisant une extension de la tumeur vers les cavités nasales.

block-2.jpg
Réintervention pour une chimiothérapie locale .
Un bloc d'os déspécifié Sp-Block (osteoBiol) est inséré dans le site opératoire ré-ouvert.

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Le bloc osseux est imbibé d'adriblastine (5 mg) , puis le site opératoire est refermé.

 

 


 

Cette même technique a été utilisée dans le cas ci dessous pour traiter une récidive de fibrosarcome félin.

L'agent chimiothérapique fut le cisplatyl.

Ci-dessus une vue de la tumeur quelques mois aprés la première intervention dont la cicatrice est encore visible. La tumeur est bilobée et mesure 8cmX 4 cmX4 cm.
Un cube d'os déspécifié est placé sur le site de 2° intervention .Il est imbibé de Cisplatyl
( 3mg dans 1 ml ).
 
Des sutures à points séparés permettent de recouvrir l'implant avec du conjontif sain. L'implant est encore visible entre deux sutures.
Suture cutané en "Y" (surjet).
Un cliché à 4 semaines , le "cube" est visible il est toujours bien toléré à ce stade de l'évolution.



Cliché à 4 mois aprés la dernière intervention .

 
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