Certaines tumeurs buccales ne peuvent être traitées par avulsion large (maxillectomie, mandibulectomie) soit en raison du refus du propriétaire, soit en raison de leur accessibilité. D'autres, sont faiblement radiosensibles. Ces raisons nous ont amené à envisager la mise en place de dispositifs à relargage d'agents chimiothérapiques sur les sites opératoires d'exérèse chirurgicale des masses tumorales.

Un lambeau pour alvéolotomie (distal par rapport à la canine) permet de découvrir une lésion tumorale sous la canine, dans la partie interne de l'alvéole et se prolongeant apicalement. L'examen anatomopathologique a montré l'existence d'un fibro sarcome trés invasif.
Sur cette image (aprés retrait de la canine) la tumeur blanchâtre est visible sur le plancher de l'alvéole : son développement s'est fait également en
direction apicale avec effondrement de l'os en regard des cavités nasales et pénétration d'une partie de la néoplasie dans ces cavités.
La portion de tumeur retirée des cavités nasales.
Le site opératoire aprés exérèse des masses tumorales. Les cornets nasaux sont visibles en fond de cavité.
Le lambeau de recouvrement suturé à points séparés en fin d'intervention.
Après résection tumorale un cube d'os déspécifié est retaillé aux dimentions de la cavité, il est introduit dans la cavité d'exérèse et imbibé d'adriblastine : la dilution utilisée permet d'absorber 5 mg sous un volume de 1 ml.
D'une façon générale, les volumes utilisés oscillent entre 0,5 ml (2,5 mg) et 1 ml (5 mg) en fonction de la taille de l'implant.
Antibiothérapie classique et meloxicam.
La tolérance locale a été excellente. Pas de nécrose des tissus environnants.
Suivi : 3 ans après la première intervention, et 20 mois aprés la pose du greffon (le cube d'os implanté n'a pas été retiré).
Une tuméfaction "osseuse " trés dure, indolore est visible sur le cliché. La masse indurée est nettement en position dorsale externe (sur le chanfrein).
Radio (RVG ) à 3 ans, soit 20 mois après la xenogreffe (voir cliché ci-dessus), confirme l'expansion "osseuse" du processus néoplasique avec cette image en
"buisson" caractéristique des sarcomes.
Sur le plan fonctionnel le chien n'a aucun problème. La tuméfaction
est indolore. La rémission (partielle) est de 3 ans .
Réintervention en janvier 2009 soit 25 mois après la 1° xenogreffe : la masse quoique indolore a augmenté de volume (de la taille d'une petite orange), elle est
très dure et la décision d'une nouvelle exérèse est prise.
Une vue de la masse (7X5X4) aprés
exérèse.
3 semaines aprés la dernière intervention (photo transmise par le
propriétaire : vue extèrieure du museau)
(photo transmise par le propriétaire :vue intérieure sous la babine)
Le meme chien 4 ans aprés la première intervention; la lésion est stable par rapport au cliché ci
dessus pris un an avant.
Cas clinique N° 2 : pointer de 8 ans. Opéré en 2004 pour un sarcome à cellules étoilées
Ci dessus cliché aimablement transmis par le propriétaire (dec.2008)
Cas clinique N° 3 : cocker anglais femelle de 9 ans
Référé en avril 2007 pour une récidive de tumeur centrée sur la canine supérieure gauche (fibro sarcome). La première intervention remonte à un an
.
post op. immédiat
Le bloc osseux est imbibé d'adriblastine (5 mg) , puis le site opératoire est refermé.
Ci-dessus une vue de la tumeur quelques mois aprés la première intervention dont la cicatrice est encore visible. La tumeur est bilobée et mesure 8cmX 4 cmX4
cm.
Un cube d'os déspécifié est placé sur le site de 2° intervention .Il est imbibé de Cisplatyl
Des sutures à points séparés permettent de recouvrir l'implant avec du conjontif sain. L'implant est encore visible entre deux sutures.
Suture cutané en "Y" (surjet).
Un cliché à 4 semaines , le "cube" est visible il est toujours bien toléré à ce stade de l'évolution.
Cliché à 4 mois aprés la dernière intervention .
Les excès de résine sont éliminés à la fraise diamantée plate (ce qui explique le léger saignement observé à
l'arcade incisive supérieure). Une application de gel retard à la chlorhexidine (Oravet) permet de protéger la muqueuse gingivale maxillaire et mandibulaire qui a subi le passage de la
fraise.
Aprés 15 jours la contention est retirée. L'occlusion est bonne et le fonctionnement de la mandibule est
correct. L'inflammation provoquée par le contact avec la résine est visible sur les arcades
incisives et la gencive marginale en regard des canines supérieures.
Voir lien :
articles annexes
Chez le chat persan la linguoversion de la canine est une déviation assez souvent rencontrée. Elle peut provoquer une malocclusion et des problèmes de déviation de la mandibule car la canine inférieure antagoniste peut subir un contact prématuré.
Dans le cas présenté ci-dessous la malocclusion, liée à la malposition d'une canine maxillaire, nous imposait soit l'extraction de la canine maxillaire gauche (à droite
sur la photo) soit une tentative de repositionnement de la dent après luxation-réimplantation et cela malgré les risques de non ostéo intégration de la dent dans son nouveau site ou
de nécrose avasculaire de la pulpe. La canine gauche était linguo et disto versée ; il fallait donc la vestibuler et la mésialiser. Le but de cette tentative de traitement est de déplacer
la dent au cours de sa luxation de la manière la plus atraumatique possible et de la stabiliser dans une position optimum par la pose d'une contention rigide en résine prenant appui
sur l'autre canine et la ligne d'arcade incisive (arche canines-incisives).
La dent est doucement luxée sans l'extraire à partir de sa position palato distale anormale, elle est mésialisée et vestibulée, puis lorsque sa position normale est obtenue (avec
occlusion physiologique ) elle est maintenue en place par un set up en résine (orthorésine) dont le scellement est assuré par sa propre rétraction.
Très rapidement (une heure) après la pose de la résine (non collée) un saignement s'insinue entre la résine et la canine et compromet la qualité de
l'auto-scellement par la résine (lié à sa rétractation). La résine est déposée, nettoyée, séchée, le site est également nettoyé et séché puis la gouttière de résine est replacée et
scellée au verre ionomère (ortho fuji LC), elle sera maintenue en place un mois.
Après 7 mois la canine réimplantée est toujours en place, elle ne présente pas d'hypermobilité et n'est pas sensible (à la percussion et au froid). Sa
cuspide est légèrement fracturée sans effraction pulpaire (fracture survenue lors du retrait de la résine par la morsure du davier qui a ébréché l'extrémité de la dent), la
gencive marginale est rouge car le collet de la dent est encore recouvert de ciment de scellement.
Sur cette vue : la gingivite marginale liée à la présence de ciment verre-ionomère que l'on devine sur les faces vestibulaire et distale. L'occlusion est
satisfaisante.
Une radio de l'apex est prévue à court terme.
CAS CLINIQUES
Cas N°1
Labrador adulte présentant depuis plusieurs mois une fistule infra orbitaire.
Lorsque l'on soulève la babine droite la carnassière supérieure droite est recouverte d'une volumineuse plaque de tartre dont la partie postérieure recouvre
la racine distale.
La radio (RGV Julie) montre une lyse trés importante de la racine distale et de l'os alvéolaire qui l'entoure.
"Chez les chiens transporteurs de bâtons et de cailloux (labrador !) les microtraumatismes répétés infligent à la pulpe dentaire, hémorragique ou non, des traumatismes tels qu'ils aboutissent à
sa nécrose. Communiquant par le foramen des apex radiculaires avec le parodonte, notamment à la racine distale, des granulomes périapicaux se forment. Les cellules ectodermiques vestigiales de la
lame dentaire primitives s'organisent pour former les parois d'un kyste dont le contenu s'infecte rapidement. Les exsudats, le pus, envahissent le sinus maxillaire (réduit chez les carnivores et
trés proche des apex de la carnassière) et réalisent aprés destruction osseuse et cutané, une fistule qui s'ouvre à l'extérieur. "Gilles Chaudieu, Encyclopédie Vétérinaire.
L'origine des fistules infra orbitaires est en fait le plus souvent liée à une pathologie siégeant sur la carnassière :
- soit et c'est le cas le plus fréquent consécutive à une fracture horizontale ou en "éclat" avec exposition pulpaire et secondairement pulpite, nécrose, abcés apical et génèse d'une
fistule externe.
- soit comme il est expliqué plus haut à la suite de trauma répétés sur cette dent qui aboutissent eux aussi à terme à la nécrose pulpaire et la création d'une lésion péri apicale et cela sans
fracture, ni exposition pulpaire.
- soit à la suite d'une parodontite localisée avec poche profonde progressant vers l'apex et réalisant par cheminement desmodontal un abcés apical.
Il semble que le cas présenté ici ait pour étiologie, à la fois une parodontite centrée sur la racine distale, et une nécrose pulpaire dans une des racines mésiales (origine
traumatique ?) retrouvée aprés l'avulsion. Il n'y avait pas de fracture dentaire radiologiquement visible ni macroscopiquement visible aprés l'avulsion.
L'extraction est décidée.
L'extraction débute par une section coronaire. La première coupe est réalisée entre les deux racines mésiales et la racine distale. Elle débute par l'échancrure intercuspidaire pour finir dans la furcation.
Un luxateur élévateur permet de luxer facilement la racine distale.
Lorsque l'on soulève la lèvre la carnassière supérieure est recouverte par une volumineuse plaque de tartre. Le sillon sulculaire est suitant et
légèrement hémorragique en mésial. Il n'y a pas de fracture coronaire visible.
Lors du sondage la sonde pénètre dans une "poche" profonde en face vestibulaire. Cette poche semble en relation avec la tuméfaction. Dans ce cas clinique il n' a pas été pris de radio, mais la
décision d'extraire la dent est prise.
Compte tenu de l'absence de mobilité de la dent cette extraction est précédée par un lambeau d'accés pour patiquer une alvéolotomie externe. Deux incisions verticales de décharge de
part et d'autre de la dent permettent de soulever un lambeau suffisant.
Lors de réalisation du lambeau un orifice rond, fistulaire ,(voir flêche) est découvert en regard de l'apex de la racine distale. L'abcés apical a lysé la
paroi alvéolaire vestibulaire et s'est déversé sous la muqueuse participant à la formation de la tuméfaction infra orbitaire.
La sonde a, en réalité, sondé l'espace sous muqueux et non l'espace desmodontal : la dent était enkylosée et l'alvéolotomie a facilité l'extraction. Sutures classiques au fil résorbable.