Photo D. Chillès
Vue de la correction
dans sa phase finale le jour du retrait des appareils : à la mandibule le fil NiTi qui était tombé a été remplacé par le fil vestibulaire primitif qui a été replacé. Le
traumatisme infligé par la gaine est visible sue la gencive marginale mandibulaire.
Daniel Chillès
2 rue Metz-Juteau
90000 Belfort
daniel.chilles@wanadoo.fr
Introduction :
Dans certains cas, lorsque le contrôle radiculaire n’est pas nécessaire ni même quelquefois désiré, il est possible de réaliser soi-même d’une manière extemporanée des attaches qui permettent des mouvements dentaire de grande liberté.
Nous allons illustrer nos propos par deux cas cliniques après avoir montré en détail le procédé de fabrication.
Matériel spécifique nécessaire :
- Fil élastomérique tubulaire de diamètre .025 (0,64 mm), en bobine.
- Fil NiTi de diamètre .012 (0,30 mm), en bobine. (voire 0.14 ou 0.16)
- Résine composite fluide, en carpule ou seringue.
Fabrication :
Les attaches sont réalisées dent par dent après préparation classique de l’émail de toutes les dents destinées à être appareillées.
Le fil élastomérique extrait de sa bobine et coupé à la bonne longueur est positionné à la hauteur désirée sur la première dent puis recouvert de composite à l’aide de la seringue dans un mouvement d’aller et retour vertical (figure 1, a). Le matériau est photo-polymérisé immédiatement et peut être complété si nécessaire jusqu’à former un pont qui paraisse homogène.
La même opération est réalisée sur la dent suivante . Une fois toutes les attaches réalisées , le fil élastomérique est retiré en le tirant latéralement pour libérer les lumières des attaches.
La longueur de fil NiTi nécessaire est ensuite prélevée de sa bobine et mise en forme avec un manche de précelles à la manière d’un bolduc . Il est enfilé dans les lumières des attaches à partir de la zone antérieure vers chaque coté en réalisant temporairement une boucle qui disparaîtra lorsqu’il sera tiré latéralement . En cas de fortes malpositions, plusieurs boucles successives peuvent être réalisées, l’une après l’autre.
Il sera possible de remplacer par la suite ce fil par un autre de plus gros diamètre. Comme il sera alors difficile de réaliser des boucles à cause de son manque de souplesse, il sera simplement enfilé à partir d’une dent antérieure vers un des cotés et accroché, lorsqu’il dépassera la dernière attache, à une pince « mosquito » qui sera laissée libre. Il évitera de la sorte de blesser les muqueuses postérieures et il sera possible de continuer à le glisser jusqu‘à ce que son autre extrémité puisse être enfilée vers l’autre coté. Il sera alors recentré et ses extrémités recourbés à la pince.
Caractéristiques :
Les attaches sont étroites, elles permettent ainsi d’éviter d’imposer une composante de force latérale au niveau apical lorsque celle-ci n’est pas désirée.
Conclusion :
Ces attaches relativement discrètes et faciles à nettoyer permettent de contrôler les mouvements verticaux, coronaires mésio-distaux et vestibulo-linguaux ainsi que les rotations.
Elles permettraient également de contrôler les mouvements radiculaires si des accessoires spécifiques étaient ajoutés.
Cette mécanique semble bien être en interaction avec la biologie du patient compte tenu de la facilité apparente avec lesquelles les dents acceptent de se déplacer dans la bonne direction. Elle pourrait être qualifiée de «biocompatible » ou « bio-active » en reprenant le concept « d’autokinesis » évoqué par Voudouris in l’OF 10/2008 qui, même s’il n’a jamais été validé scientifiquement, nous paraît ici correspondre à nos observations cliniques.
Ceci ouvre des perspectives intéressantes qui ne dépendent en réalité que de l’imagination de l’orthodontiste.
Quelques formes et tailles de Vis d'ancrage
1° exemple
Le traitement de cette mésioversion de la canine chez un Teckel passe par la pose d'une vis d'ancrage Tekka entre la PM1 et la PM2. Le site a été repéré
radiologiquement comme le plus apte à l'implantation.
Ici une vue après pose de la vis.
La muqueuse est retirée au true cut avant un forage à petite vitesse (réfrigéré au physio glacé) avec une mini fraise boule d'un diamètre inférieur à la vis.
Contrôle radiologique de la vis qui est loin de toute structure radiculaire.
Les surfaces dentaires sont préparées : etching une minute, puis application d'adhésif Biosplint.
Polymérisation de l'adhésif Biosplint.
Du composite Biosplint est déposé sur les deux couronnes adjacentes pour renforcer la stabilité de l'ancrage, le col de la vis est ainsi noyé dans le composite.
Du composite est également placé en double couronne sur la cuspide du croc pour assurer la contention, une chaînette est tendue.
A 6 semaines, remplacement de la chaînette qui était distendue.
2° exemple : au début du traitement
Un
exemple de résultat à 5 semaines aprés la pose de la chainette. Le croc inférieur est encore vestibulé mais le poids de la lèvre entame sa correction naturelle.
Exemple N°4
Dans cet exemple la vis utilisée est une vis à tete large et une partie vissante plus fortement conique.
Sur ce
cliché on distingue la manière de créer une gorge en composite (Biospilnt) pour éviter le glissement de la chaînette.
Les "tomas-pins" (Temporary Orthodontic Micro Anchorage System) ou spider screws sont des vis orthodontiques permettant de constituer des appuis de traction pour corrections de malpositions dentaires .
Exemple de vis Laboratoire Tekka
Exemple N° 1 :
Sur ce rottweiller 4 incisives sur 6 sont vestibulées ( les deux mitoyennes et les 2 coins) alors que les pinces sont correctement articulées. Cette proalvéolie incisive (en dehors de toute
classe III squelettique) se corrige dans ce cas clinique par l'utilisation de deux vis Tomas implantées assez distalement dans les branches mandibulaires de façon a ne pas léser les racines
incisives et suffisamment prés de la symphyse pour éviter le canal mandibulaire. La traction sur les incisives s'exerce par le biais de chaînettes élastiques. Pour éviter le glissement des
chaînettes sur la face vestibulaire des incisives.
Les vis Tomas (en général 1,7X7mm) sont auto-taraudantes et sont placées grâce un matériel ancillaire spécifique, aprés les étapes suivantes : anesthésie locale,
perforation de la muqueuse avec le poinçon "Tomas punch", forage pilote de l'os avec une fraîse boule round drill 1,0,vissage.
La correction obtenue aprés une contention par gouttière en résine de 4 semaines environ.
Exemple N° 2 :
Chez ce jeune cocker dont le reste de l'occlusion est excellent la pince supérieure droite est linguo versé. La correction de cette incisive (pince) maxillaire est
réalisée pour des raisons de facilité de mise en oeuvre par traction sur les deux incisives inférieures (mitoyenne et pince droite mandibulaires) de façon à corriger l'articulé inversé par
traction vers l'arrière des dents mandibulaires plutot que par propulsion de la supérieure ce qui est plus difficile à réaliser. Le traitement passe par l'implantation d'une vis spider screw
(Tekka) dans le plancher mandibulaire et la pose d'une chainette stabilisée par des brackets.
Discussion:
Chez ce jeune cocker le plancher mandibulaire reste relativement haut par rapport à la tête de la vis ce qui entraine malgré la position incisale des brackets
un cisaillement de la muqueuse par l'élastique qui peu à peu rentre dans les tissus mous ; l'efficacité de la chainette est alors considérablement réduite. Aprés plusieurs semaines le
traitement est un echec en raison surtout de la présence de l'incisive supérieure centrale qui bloque toute tentative de linguoversion des inférieures.
La vis est laissée en place, les brackets sont retirés ainsi que la chainette de manière à laisser les tissus mous lésés cicatriser.
Aprés 15 jours une nouvelle technique de traction est tentée.
- les 3 incives vestibulo versées sont noyées dans une mini gouttière en ortho résine dans laquelle est placé un bracket rétentif
à corochets sur la face linguale et le plus haut possible de façon à protéger la muqueuse.
Exemple N° 3 :
Bull Terrier de 10 mois avec trouble de l'occlusion complexe (crocs convergents, articulé incisif inversé sur la partie droite de l'arcade :wry bite). La
première phase du traitement visait à corriger la convergence des canines à l'aide de plans inclinés.
La seconde phase consiste à distaler les deux incisives latérales droites en articulé inversé.
- mise en place d'une vis d'ancrage
- contrôle radiologique de la position de la vis par rapport aux structures radiculaires
- collage de deux brackets à anneau sur les incisives et mise en traction avec une chaînette.
Sur ce cliché [RVG Julie] (autre cas) une position de vis trop proche de l'apex de la mitoyenne.
Le résultat est (trop !) rapide puis qu'en 15 jours seulement les incisives basculent et viennent se positionner sous les incisives supérieures. La contention est assurée
par la pose d'une gouttière en orthorésine.
Exemple N°4 :
Jeune berger d'anatolie de 15 mois affecté par un articulé inversé en pince . La vestibuloversion des incisives centrales a été corrigée par la mise en place d'une vis Tekka violette de 7mm et pose d'une chaînette élastique embrassant les deux incisives solidarisées par un bracket à anneau de manière à créer une rétention pour éviter le "ripage" de la chaînette (photo avant le retrait du bracket et après le retrait de la chaînette).
Le résultat est rapide mais malgré la rétention du bracket la chaînette a glissé sous les couronnes incisives et provoqué des lésions gingivales en vestibulaire et en interproximal (photo après retrait du bracket). Compte-tenu des lésions aucune chaînette n'est replacée et des points de sutures horizontaux au vicryl sont placés pour reconstituer une barrière muqueuse vestibulaire.
La récidive est très rapide. Les deux incisives reprennent une position vestibulée . Leur articulé est de nouveau inversé.
La vis de traction ayant été laissée en place, une nouvelle chaînette est tendue (trés faiblement <50 gr) sur un bracket à crochets placé sur la face linguale des pinces de façon à éviter tout glissement et à diminuer les trauma sur la muqueuse.
La linguoversion est rapide : dés qu'elle est obtenue une gouttière de contention est coulée. La vis est retirée (voir photo ci-dessous).
Exemple de croc convergent sur un Bull Terrier :
Autre exemple sur un Bull Terrier :
Simple dépression en cupule
Cavité plus profonde à fond
nécrotique
Cavité dont le fond est hémorragique et
laisse supposer une communication oro-nasale (voir photo ci-dessous)
Ce cliché montre la narine droite du chien
photographié au-dessus avec l'hémorragie en fond de cavité. Ce jetage unilatéral purulent confirme que la cavité est profonde et fait communiquer la bouche avec les cavités nasales.
Une radio montre que le trauma palatin dû à la cuspide de la canine provoque
une ostéolyse apicale autour de la racine de la mitoyenne palatine.
La réduction à la fraise fissure ou au
disque diamenté s'accompagne d'une pulpotomie avec obturation étanche. Le meulage permet de supprimer la partie cuspidaire de la canine en évitant une effraction pulpaire, ce meulage peut
se répéter régulièrement en laissant le temps à la dent de fabriquer de la dentine secondaire permettant la rétraction pulpaire.
Ce croc mandibulaire a été scié et associé à une
pulpotomie avec coiffage à l'hydroxide de Ca et obturation au composite.
Exemple de gingivectomie de glissement sur
une faible convergence des crocs (réalisée au Servotome). La cautérisation de la gencive en cupule de glissement sur la zone d'impact de la cuspide permet d'éliminer les tissus mous
et d'utiliser l'os maxillaire comme plan incliné. L'épithélialisation est complète en 2 à 3 semaines (voir photo ci-dessous).
Plans inclinés de glissement en
résine (cliché du Dr F. Debette) symétriques. Placés au maxillaire entre la canine et le coin et modelés suivant une pente calculée ils obligent le croc
mandibulaire à se vestibuler pendant l'occlusion.
Le
travail du plan incliné (actif) en position d'occlusion.
Sur ce cliché : à droite (croc
gauche) plan incliné actif, à gauche (croc droit) plan incliné passif.
Un exemple de plan incliné passif (ou neutre) en tunnel.
Un plan incliné de glissement a été scellé
au maxillaire.
Voir le cas
clinique
Article en cours d'élaboration
Ce jeune Shetland dont la pince maxillaire est en articulé inversé (disto-versée) a été appareillé dans un premier temps avec un arc incisif (visible à la
mandibule). Cet arc équipé de deux ressorts latéraux était destiné à disto-verser les deux incisives centrales mandibulaires que l'incisive maxillaire avait vestibulo versé du fait de
son articulation inversée avec l'arcade mandibulaire.
Ce fil vestibulaire seul a effectivement réaligné l'arcade incisive inférieure mais n'a pas été suffisant pour permettre aux pinces mandibulaires de passer "en
arrière" de l'antagoniste (pince maxillaire gauche).
Un deuxième montage est tenté pour vestibuler l'incisive supérieure :
- collage d'un bracket à crochets sur la pince (ortho fuji LC).
- collage d'un fil Santaloy sur les incisives adjacentes de manière à créer un vide entre le bracket et le fil.
- pose d'un anneau élastique entre le fil et le bracket. La pose de l'anneau n'est pas "standard" car l'anneau n'est pas tendu d'un crochet à l'autre, mais entoure le fil pour se clipper sur le
crochet inférieur. De cette manière la force élastique n'entraîne pas un mouvement de translation rostrale mais plutôt un mouvement de vestibulo-version souhaité.