|
CAS CLINIQUES
Cas N°1
Labrador adulte présentant depuis plusieurs mois une fistule infra orbitaire.
Lorsque l'on soulève la babine droite la carnassière supérieure droite est recouverte d'une volumineuse plaque de tartre dont la partie postérieure recouvre
la racine distale.
La radio (RGV Julie) montre une lyse trés importante de la racine distale et de l'os alvéolaire qui l'entoure.
"Chez les chiens transporteurs de bâtons et de cailloux (labrador !) les microtraumatismes répétés infligent à la pulpe dentaire, hémorragique ou non, des traumatismes tels qu'ils aboutissent à
sa nécrose. Communiquant par le foramen des apex radiculaires avec le parodonte, notamment à la racine distale, des granulomes périapicaux se forment. Les cellules ectodermiques vestigiales de la
lame dentaire primitives s'organisent pour former les parois d'un kyste dont le contenu s'infecte rapidement. Les exsudats, le pus, envahissent le sinus maxillaire (réduit chez les carnivores et
trés proche des apex de la carnassière) et réalisent aprés destruction osseuse et cutané, une fistule qui s'ouvre à l'extérieur. "Gilles Chaudieu, Encyclopédie Vétérinaire.
L'origine des fistules infra orbitaires est en fait le plus souvent liée à une pathologie siégeant sur la carnassière :
- soit et c'est le cas le plus fréquent consécutive à une fracture horizontale ou en "éclat" avec exposition pulpaire et secondairement pulpite, nécrose, abcés apical et génèse d'une
fistule externe.
- soit comme il est expliqué plus haut à la suite de trauma répétés sur cette dent qui aboutissent eux aussi à terme à la nécrose pulpaire et la création d'une lésion péri apicale et cela sans
fracture, ni exposition pulpaire.
- soit à la suite d'une parodontite localisée avec poche profonde progressant vers l'apex et réalisant par cheminement desmodontal un abcés apical.
Il semble que le cas présenté ici ait pour étiologie, à la fois une parodontite centrée sur la racine distale, et une nécrose pulpaire dans une des racines mésiales (origine
traumatique ?) retrouvée aprés l'avulsion. Il n'y avait pas de fracture dentaire radiologiquement visible ni macroscopiquement visible aprés l'avulsion.
L'extraction est décidée.
L'extraction débute par une section coronaire. La première coupe est réalisée entre les deux racines mésiales et la racine distale. Elle débute par l'échancrure intercuspidaire pour finir dans la furcation.
Un luxateur élévateur permet de luxer facilement la racine distale.

Lorsque l'on soulève la lèvre la carnassière supérieure est recouverte par une volumineuse plaque de tartre. Le sillon sulculaire est suitant et
légèrement hémorragique en mésial. Il n'y a pas de fracture coronaire visible.
Lors du sondage la sonde pénètre dans une "poche" profonde en face vestibulaire. Cette poche semble en relation avec la tuméfaction. Dans ce cas clinique il n' a pas été pris de radio, mais la
décision d'extraire la dent est prise.
Compte tenu de l'absence de mobilité de la dent cette extraction est précédée par un lambeau d'accés pour patiquer une alvéolotomie externe. Deux incisions verticales de décharge de
part et d'autre de la dent permettent de soulever un lambeau suffisant.
Lors de réalisation du lambeau un orifice rond, fistulaire ,(voir flêche) est découvert en regard de l'apex de la racine distale. L'abcés apical a lysé la
paroi alvéolaire vestibulaire et s'est déversé sous la muqueuse participant à la formation de la tuméfaction infra orbitaire.
La sonde a, en réalité, sondé l'espace sous muqueux et non l'espace desmodontal : la dent était enkylosée et l'alvéolotomie a facilité l'extraction. Sutures classiques au fil résorbable.
